The Overflow, Demi Mitchell

Très lent, très personnel, étonnamment long, The Overflow est de ces premiers albums venus au monde après un tunnel assez noir. Avec sa voix lasse et ses distorsions douces, la musicienne australienne Demi Mitchell dit en effet ceci : je me déleste de poids, de relations défaillantes, de questions aux réponses inexistantes, de ma peur d’avoir disparu pour de bon dans une vase de l’esprit. « Tell me, will I ever be myself again », demande-t-elle sur Fiction from Fact, longue fresque approchant les six minutes. Son style est une intéressante combinaison d’affluents veloutés du rock (Get It Together), d’indie-folk groovant ironiquement superficiel (Dancing in the Sand) et d’americana langoureux (excellente Medicine Woman). Si, écouté sans pause, The Overflow a la batterie répétitive et se traîne parfois les pieds, l’ajout soudain — et rare — de cordes transfigure les mélodies basées d’abord sur la guitare électrique ; la sobriété devient soudain sophistiquée, même planante. C’est ce qui distingue le bon du très bon : la touche qui amène dans la lumière.
 

The Overflow

★★★ 1/2
Alt folk

Demi Mitchell, Indépendant