Almost, The Ophelias

Lorsqu’on adopte le nom de l’incarnation shakespearienne du destin funeste comme dénomination pour son orchestre, on met déjà un peu en avant son goût pour le mélodrame. Bravo aux Ophelias pour leur sens de la mise en scène. Le second album du quatuor féminin de Cincinnati semble de prime abord se ranger du côté d’une pop intimiste exagérément émotive, maniérée, agissant comme les délicates chansons à la structure punk du duo Girlpool (General Electric) ou encore de Frankie Cosmos. Mais sous cette belle enveloppe aux accents Virgin Suicides se révèle, au fil des écoutes, une inclination pour le violon libre d’Arthur Russell (Lunar Rover, Night Signs), les girlgroups des années 1960 (Fog) et une révolte grunge bien sentie. À travers des harmonies touchantes, les courtes chansons qui figurent sur Almost communiquent l’universalité de l’aliénation amoureuse, hommage suprême à leur théâtral éponyme.
 

Almost

★★★ 1/2
Pop rock

The Ophelias, Joyful Noise Recordings