Sergeï Rachmaninov, Steven Osborne

Je vais être obligé de répéter que mon sens critique ne s’émousse pas lorsque j’écoute du piano, mais que nous vivons à une époque formidable. Après Vadym Kholodenko jouant Scriabine, voici un disque de référence des Études-Tableaux de Rachmaninov par Steven Osborne. Il y a désormais un ensemble d’artistes, de pianistes, dont tous les disques deviennent des événements et Hyperion en enregistre plusieurs : Osborne, Hough, Hamelin et Kolesnikov. À ses débuts, Steven Osborne passait pour un pianiste austère et cérébral. Et il possède exactement cette subtile distinction qui fait le grand interprète de Rachmaninov, un peu comme Nicholas Angelich s’était révélé à nous avec Yannick Nézet-Séguin à Lanaudière. La concentration du pianiste écossais est tout simplement renversante : Steven Osborne a l’air de traquer des sons, parfois aux confins du silence (sublime Opus 33 no 3). Une prise de son mate, mais pas sèche, renforce l’impact de cette saisissante radiographie au coeur de deux corpus essentiels de la littérature pianistique.

Écoutez Steven Osborne livrer les Études-tableaux de Sergei Rachmaninov

Sergeï Rachmaninov

★★★★ 1/2
Classique

Études-Tableaux, Op. 33 et 39, Steven Osborne (piano), Hyperion CDA 68188