Le Verre Bouteille change de main

La salle, qui a fêté ses 20 ans en 2016, vient d’être vendue à Jake Warren — aussi gérant du pub Le Terminal, à quelques pas de là — et à deux employés actuels.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La salle, qui a fêté ses 20 ans en 2016, vient d’être vendue à Jake Warren — aussi gérant du pub Le Terminal, à quelques pas de là — et à deux employés actuels.

Même si l’époque n’est pas clémente pour les petits lieux de diffusion, trois nouveaux partenaires ont décidé de faire l’acquisition du célébré bar-spectacle Le Verre Bouteille, sur l’avenue du Mont-Royal Est à Montréal. Leur objectif est de donner un nouveau souffle à l’établissement et de rajeunir la clientèle.

La salle, qui a fêté ses 20 ans en 2016, vient d’être vendue à Jake Warren — aussi gérant du pub Le Terminal, à quelques pas de là — et à deux employés actuels, Pascal Plante et Pat Johnson.

Cette passation met fin à l’ère de la famille Rouleau, propriétaire du 2112 depuis 1942. Alfred, le patriarche, menait alors le Buffet rouge, rebaptisé plus tard Buffet De Lorimier. De 1977 à 1996, l’endroit était un bar western, et il est devenu Le Verre Bouteille lorsque les soeurs Nathalie et Sylvie Rouleau ont pris la relève.

Dans le communiqué de presse annonçant le changement de propriétaire, le ton des trois nouveaux patrons est de toute évidence au changement. Pascal Plante devient le directeur de la programmation, poste longtemps occupé par René Flageole. Plante veut rajeunir la clientèle et diversifier la carte musicale.

Redonner ses notes de noblesse

« Nous avons l’ambition de transformer l’établissement en une salle de spectacle accessible où les artistes indépendants de Montréal se retrouvent pour essayer leur nouveau matériel, lancer leur EP, roder leurs spectacles, donner des prestations-surprises, explique Pascal Plante dans le communiqué. L’idée derrière cette revitalisation est de redonner ses notes de noblesse au Verre Bouteille en présentant un plus grand volume de shows, en impliquant des acteurs importants du milieu et en s’associant à différents festivals et événements musicaux. »

Pat Johnson, « le visage du bar depuis plus de 20 ans », devient donc aussi propriétaire du lieu. Quant à Jake Warren, il estime que son expertise avec les soirées d’humour qui ont lieu au deuxième étage du Terminal profitera au Verre Bouteille. « C’est important que des petites salles du genre existent, explique-t-il. La proximité d’une foule de 100 personnes est riche et formatrice pour nos artistes émergents. »

C’est important que des petites salles du genre existent. La proximité d’une foule de 100 personnes est riche et formatrice pour nos artistes émergents.

L’écosystème est actuellement difficile pour les petits lieux de diffusion musicale. Le Sous-Bois à Chicoutimi a fermé ses portes l’été dernier, Le Cercle à Québec est en transition, alors que Le Divan orange a cessé ses activités en mars. La concurrence des artistes de renom est forte, les commanditaires privés se tournent vers les grandes salles et les permis de bar de ces établissements ne leur permettent pas de recevoir de l’aide gouvernementale.

« Il faut travailler sur une certification qui viendrait reconnaître notre mandat culturel », racontait récemment dans Voir un ancien du Divan orange, Julien Senez-Gagnon. « On se fait tous dire qu’on est des bars, alors qu’on présente plus de musique par année qu’une maison de la culture subventionnée. »