Orchestre de la Francophonie: une heureuse surprise

Le chef Jean-Philippe Tremblay
Photo: Caroline Bergeron Le chef Jean-Philippe Tremblay

Avec cet excellent programme de Concert populaire proposé par Jean-Philippe Tremblay, Marie-Josée Lord et l’Orchestre de la Francophonie, on revenait avec bonheur, comme lors du concert de Nicolas Ellis le 5 juillet, aux racines du projet inauguré en 1964 par le maire Drapeau, un idéal largement dévoyé ces dernières années.

Rappelons que lors de la conférence de presse de lancement, il y a 54 ans, il était précisé : « Le maire Jean Drapeau insiste sur le fait que la musique présentée lors de ces concerts est populaire dans le sens de connue et appréciée d’un large public, et non légère. »

Par ailleurs, et nous en avions fait la démonstration en 2017, c’est désormais à l’administration de Valérie Plante qu’on demandera la logique en matière de promotion de la culture du fait que le prix de la place de stationnement devant le Centre Pierre-Charbonneau soit plus élevé en dollars constants que le prix de la place de concert du maire Drapeau !

De nets progrès

En tenant compte du fait qu’il est toujours délicat de commenter un concert amplifié, puisqu’on ne sait pas quelle est la part du dosage entendu attribuable au chef et celle imputable au technicien, on peut tout de même relever l’excellente tenue de l’Orchestre de la Francophonie, avec une interprétation de la 5e symphonie de Tchaïkovski nettement plus fouillée (cf. le creusement des phrasés dans le 1er mouvement) que les accompagnements du concert André Mathieu à la mi-juin. La clarinette mérite un grand coup de chapeau, de même que les violons, notamment le Konzertmeister associé qui s’est démené jusqu’à l’épuisement. Bonne logique, belle tenue orchestrale, malgré un effectif à la limite inférieure et des violoncelles fragiles.

Une voix en forme

Marie-Josée Lord est apparue après la pause. Là aussi, fidélité au concept : une robe de gala très classe et une voix en superbe forme. Nous avions déjà noté l’élargissement du timbre antérieurement. Marie-Josée Lord chante désormais « O Patria Mia » d’Aïda sans problème d’ampleur ou de justesse, et elle a fini par le grand air de la Traviata. Je pense que la légère métallisation entendue sur le timbre était due à l’amplification.

La chanteuse s’est aussi mesurée à « Vissi d’arte » de Tosca, avec plus de succès musical qu’Anna Netrebko, qui y a commis quelques impairs récemment. En mode accompagnement, l’orchestre semblait un peu plus fragile que dans la symphonie.

Concerts populaires de Montréal

Tchaïkovski : Symphonie no 5. Puccini : Intermezzo de Manon Lescaut. Airs de Madame Butterfly et Tosca. Verdi : Prélude de la Traviata. Airs d’Aïda et de la Traviata. Marie-Josée Lord, Orchestre de la Francophonie, Jean-Philippe Tremblay. Centre Pierre-Charbonneau, jeudi 19 juillet.