Franz Schubert, Enoch zu Guttenberg

Sera-ce le dernier disque d’Enoch zu Guttenberg, qui nous a quittés brutalement le 15 juin dernier ? Quel destin, alors, que de prendre congé, musicalement, sur cet ultime voyage de Schubert. Si cette 9e Symphonie, dite « La Grande », est de parution très récente, l’enregistrement date déjà de novembre 2015. Guttenberg fait jouer son orchestre, de taille modeste, comme un ensemble sur instruments anciens. Dans une acoustique assez analytique (le Herkulessaal à Munich), il radiographie la partition et, dans des tempos droits et allants, fait entendre énormément d’accents et de contre-chants. Le débat esthétique est de savoir si cette démarche aboutit à créer une expérience humaine. Pour ma part, la réponse est, hélas, « non ». J’écoute, j’analyse avec ma raison, mais ne ressens rien d’autre que l’implacable logique. Schubert n’était-il pas le maître du lied ? Alors, pourquoi ces sons droits qui s’éteignent ? Pourquoi tant de détachement émotionnel ? La démonstration, fût-elle éloquente, sied peu à Schubert.
 

 

Enoch ze Guttenberg dirige la 9e Symphonie de Schubert

Franz Schubert

★★ 1/2
Classique

Symphonie no 9, KlangVerwaltung, Enoch zu Guttenberg, Farao SACD S 108 097