Jean-Michel Blais, Hubert Lenoir et Pierre Kwenders finalistes au prix Polaris

La jeune sensation Hubert Lenoir s’est hissée dans le palmarès final du Polaris.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La jeune sensation Hubert Lenoir s’est hissée dans le palmarès final du Polaris.

Trois Québécois, dont un francophone, font partie des dix finalistes du prix Polaris, qui affiche cette année une sélection éclatée et très inclusive.

Avec son disque Darlène, porté par la pièce Fille de personne II, la jeune sensation Hubert Lenoir s’est hissée dans le palmarès final du Polaris, qui récompense le meilleur album canadien sans égard au genre musical ou aux ventes. C’est le premier disque francophone qui atteint le top 10 depuis Tigre et diesel de Galaxie, en 2011.

Le pianiste montréalais Jean-Michel Blais, qui a aussi le vent dans les voiles depuis quelques mois, a vu son disque instrumental Dans ma main se retrouver parmi les favoris du jury indépendant, formé de 203 journalistes de musique, de blogueurs et d’animateurs issus d’un peu partout au pays. Le trio québécois est complété par Pierre Kwenders et son disque électro-world MAKANDA at the End of Space, the Beginning of Time.

Cette année, la liste des finalistes du prix Polaris se fait en quelque sorte le double miroir de la variété musicale de l’époque et des préoccupations sociales du moment.

Voix autochtones

La voix des peuples autochtones a été entendue, deux disques aux accents des Premières Nations se retrouvant dans le top 10. Il y a le travail du duo rap Snotty Nose Rez Kids, The Average Savage, issu d’une réserve de Colombie-Britannique, ainsi que le disque Wolastoqiyik Lintuwakonawa, de Jeremy Dutcher, qui mélange le chant classique à ses racines malécites.

Le groupe Partner, ouvertement queer, a aussi vu souligner la qualité de son disque In Search of Lost Time. Josée Caron et Lucy Niles y jouent un rock qui fait sourire, un peu à la Weezer ou à la Hollerado.

La liste des finalistes est complétée par la jeune recrue R&B-soul Daniel Caesar et par Weaves, Alvvays et U.S. Girls, trois formations aux différentes teintes de rock qui atteignent l’ultime palmarès pour une deuxième fois.

« Plusieurs jurés ont exprimé à quel point il a été difficile de choisir cinq albums pour leur bulletin de vote, a dit dans un communiqué Katherine Duncan, représentante du jury Polaris. Ces dix titres transcendent les langues et les cultures, et mettent en lumière la beauté et la richesse du paysage musical canadien en 2018. »

Le nom du vainqueur du prix de musique Polaris sera dévoilé lors d’un gala le lundi 17 septembre à Toronto. Le gagnant recevra 50 000 $, et chacun des neuf autres finalistes recevra 3000 $.

Le seul grand gagnant francophone du Polaris a été Karkwa, en 2010, pour le disque Les chemins de verre. Plusieurs Anglos-Montréalais ou musiciens instrumentaux d’ici ont toutefois gagné la prestigieuse récompense, dont Kaytranada (2016), Godspeed You ! Black Emperor (2013), Arcade Fire (2011) et Patrick Watson (2007). C’est Lido Pimienta qui a remporté le Polaris l’année dernière.

Les dix disques retenus

Alvvays – Antisocialites

Jean-Michel Blais – Dans ma main

Daniel Caesar – Freudian

Jeremy Dutcher – Wolastoqiyik Lintuwakonawa

Pierre Kwenders – MAKANDA at the End of Space, the Beginning of Time

Hubert Lenoir – Darlène

Partner – In Search of Lost Time

Snotty Nose Rez Kids – The Average Savage

U.S. Girls – In A Poem Unlimited

Weaves – Wide Open


Écoutez des morceaux des dix disques retenus