2Frères, une dimension au Festival d’été de Québec

Le temps de la pièce «Fernand», 2Frères a rendu une visite surprise à Alexandre Poulin. 
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le temps de la pièce «Fernand», 2Frères a rendu une visite surprise à Alexandre Poulin. 

On a beau chipoter, 2Frères a trouvé son public avec ses airs folk aussi efficaces que conventionnels. Et après avoir obtenu un succès fulgurant dans les dernières années, Érik et Sonny Caouette mettaient samedi soir les pieds pour la première fois au Festival d’été de Québec, en tête d’affiche du Parc de la francophonie. Mais le résultat sur scène s’est révélé unidimensionnel.

Les frères, accompagnés de cinq musiciens, ont enfilé avec complicité mais simplicité une vingtaine de chansons, debout devant leur micro, Érik à la guitare acoustique, Sonny à l’électrique. Mais ce n’était pas une grosse fête, une communion, ou une aventure spéciale. Les refrains étaient forts — Comme avant, il faut le reconnaître, trouve son chemin puissamment dans les cerveaux —, mais l’écoute restait gentille.

Photo: Francis Vachon Le Devoir Érik et Sonny Caouette de 2Frères

C’est que le concert était statique, sans aspérité, sans grands mouvements sur scène. Oui, pendant le medley de titres des B.B. — la comparaison peut être dangereuse —, les musiciens ont bien sûr grimacé en jouant côte à côte. Classique. Oui les petites histoires permettent de créer quelques liens avec la foule. Mais sinon, 2Frères a joué prudemment. Présence physique de base. Et on ne peut pas dire que ça dansait abondamment dans le public.

Ç’aura pris des reprises pour casser le moule. Sur Don’t Stop Believin' de Journey, Sonny s’est amusé davantage, debout sur un des moniteurs en fond de scène le temps d’un court solo, alors que des nuages de fumée ont donné un peu de relief à la scène. Tout de suite après, Érik s’est amusé aux tambours sur une étonnante Africa, de Toto. Le dernier droit et ses succès comme Maudite promesse, La route et Nous autres a eu l’avantage de dérider et de rallumer la foule. Il était temps.

Alexandre Poulin

« Je crois qu’on peut tout faire avec trois couleurs primaires », a chanté d’entrée de jeu l’auteur-compositeur-interprète Alexandre Poulin, aussi auteur de quelques titres des 2Frères. Il y a en effet une poignée d’ingrédients qui composent sa chanson-pop poétique : des accords simples, des anecdotes personnelles qu’il veut touchantes, des textes au « je », un je ne sais quoi de souriant dans l’énergie…

Devant une foule qui connaissait son travail — le chant en choeur de L’Écrivain ou Comme des enfants en cavale —, Poulin a mené sa barque rondement. Rien qui ne dépasse ou presque, sauf la visite-surprise des 2Frères le temps de Fernand. Rien non plus qui s’accroche vraiment à nous, il faut avouer. Il y a que beaucoup d’éléments se ressemblent dans son répertoire : riffs de guitare, livraison semi-chantée, semi-racontée, approche textuelle et mélodique.

Le chanteur a tout de même du talent pour présenter ses pièces, et son attitude humble lui permet de rejoindre les gens. Vivement aussi l’approche plus rock qui a soulevé un peu les passions en fin de ce parcours un peu monochrome, mécanique.

Pierre-Hervé Goulet

Photo: Francis Vachon Le Devoir Pierre-Hervé Goulet

En début de soirée, la foule était déjà abondante pour Pierre-Hervé Goulet, qui a eu droit à une écoute attentive. Goulet, qui vient de voir son travail récompensé de plusieurs prix au Festival en chanson de Petite-Vallée, a clairement une approche de chansonnier — les « eille, merci ! » après les morceaux le trahissent un brin. Reste que ses racines sont aussi françaises, et ça teinte ses morceaux au même titre que ses influences western. Quelques fausses notes ici et là, quelques phrases à resserrer aussi, sinon une performance honnête.