Des rafales inégales au Festival d'été de Québec

Le parc de la Francophonie accueillait jeudi soir une soirée rap, où les rafales se sont avérées inégales. Alors que le réputé London On Da Track n’a pas fait flèche de tout bois, le rap-rock de Machine Gun Kelly atteignait pleinement la cible.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le parc de la Francophonie accueillait jeudi soir une soirée rap, où les rafales se sont avérées inégales. Alors que le réputé London On Da Track n’a pas fait flèche de tout bois, le rap-rock de Machine Gun Kelly atteignait pleinement la cible.

Alors que Beck était sur les Plaines au Festival d’été de Québec deux jours après son passage à Laval, le parc de la Francophonie accueillait jeudi une soirée rap, où les rafales se sont avérées inégales. Alors que le réputé London On Da Track n’a pas fait flèche de tout bois, le rap-rock de Machine Gun Kelly atteignait pleinement la cible.

Machine Gun Kelly (MGK), un tatoué de six pieds quatre pouces, vêtu d’une camisole noire et de pantalons d’armée, avait le défaut de mêler pas mal les cartes musicales. La racine est rap, mais les chansons oscillaient entre le rock, la pop, le r&b. Les rythmes aussi partent en vrille, du très doux au corrosif. Sa force est toutefois d’atteindre la cible chaque fois, et de trouver une façon de lier le tout.

De l’intro citant Smells Like Teen Spirit de Nirvana à sa reprise de Pursuit of Happiness de Kid Cudi en passant par ses propres hymnes comme Home et Till I Die, Machine Gun Kelly a réussi à ne pas rendre le mélange indigeste. Son groupe — basse, guitare, MC, clavier — permettait aussi de donner un souffle commun à la vingtaine de titres de son spectacle.

Il y avait un petit côté fromagé qui ressortait ici et là des pièces de l’artiste américain élevé à Cleveland, mais le contrepoids des titres comme Alpha Omega — où il se la joue un peu Eminem avec un flot rapide — ou d’autres proches de Rage Against The Machine rendait l’ensemble fort digeste, voire très satisfaisant. Un seul bémol : dans un geste d’une inélégance totale, MGK a fait sortir des coulisses une bimbo callipyge pour lui agripper les fesses. Aussi disgracieux qu’inutile. Une balle perdue dans la rafale.

London On Da Track

Juste avant Machine Gun Kelly, le réputé DJ et réalisateur de pièces rap London On Da Track nous a pour le moins laissés sur notre faim. Il a beau avoir travaillé avec tout le gratin de la musique urbaine depuis quelques années, de Drake en passant par Young Thug, Nicki Minaj et T.I., sa présence jeudi soir au FEQ était étrange, voire erratique.

Photo: Francis Vachon Le Devoir London On Da Track

Debout derrière son équipement électronique, il a enfilé des bribes de pièces toutes très dansantes, mais presque toujours inachevées, étêtées après quelques secondes, soit parce qu’il coupait le son, soit parce qu’un autre titre prenait le dessus. C’était drôle une fois ou deux, ça donnait du rythme, et on pensait à Philippe Katerine et à sa pièce Louxor j’adore — « Et je coupe le son/et je remets le son ».

Mais après une heure de coïts interrompus, on était las, très las que rien n’aboutisse vraiment. À chaque bouillon qui levait grâce à des titres accrocheurs de Young Thug, 6ix9ine, Post Malone, Kanye West, Daft Punk et même des Vengaboys (oui, oui), London On Da Track rabattait l’énergie en retirant le chaudron du feu. Dans la foule, ça dansait aux premières loges parce que la sélection de tubes joués était finement faite, mais à tout le temps mettre le pied sur le frein et à prendre le micro pour crier quelques mots censés nous fouetter, le DJ a un peu saboté son propre party. « We got London on Da Track », dit-il quand il se présente. On l’a surtout trouvé à côté de la track.

Zack Zoya

Photo: Francis Vachon Le Devoir Zach Zoya

L’ouverture de la soirée était l’affaire du tout jeune Abitibien Zach Zoya, 19 ans, qui avait déjà monté le volume de la basse dans le tapis. En formule à trois — avec un DJ et un bras droit au micro —, Zoya a rappé avec assurance, en anglais. Sans épater la galerie, son flot se défend fort bien. La toute fin de son spectacle valait le temps investi, avec son titre phare Who Dat, mais surtout avec une pièce revigorante aux accents africains, un filon qu’il aurait peut-être avantage à suivre pour la suite des choses.