Late Night Tales, Agnes Obel

Quoi qu’elle fasse, Agnes Obel a un son et une manière qui s’harmonisent comme le feraient des engrenages hétéroclites exsudant des mélodies parfaitement huilées. Avec son compagnon Alex Brüel Flagstad, la musicienne danoise a rassemblé, pour le nouveau titre des séries de compilations Late Night Tales, une quinzaine de chansons qui ont marqué son parcours d’artiste. Entre les chants fantomatiques de Moonbird (Roger Webb), la dissonante Piano Quintet V (Alfred Schnittke) et les voix rauques de Great Mission (Yello), il y a plusieurs mondes : celui, inquiétant, des vents sournois et des sons frappés, mais aussi un monde paradoxal qui bascule entre les rythmes chaloupés d’une nuit d’aventure tropicale et la douceur spirituelle du chant choral. À cela s’ajoutent trois pièces inédites, dans la continuité de Citizen of Glass : une superbe comptine mature (Glemmer Du), un volettement orchestral oppressant (Bee Dance) et une composition en spoken word sur un poème d’Inger Christensen (Poem About Death). Toujours énigmatique, jamais opaque, Agnes Obel continue de briller.

Late Night Tales

★★★ 1/2
Compilation

Agnes Obel, Night Time Stories