Patrice Michaud sur les Plaines: le rêve exaucé du gars de Cap-Chat

Des milliers de gens sont venus voir et entendre le Patrice Michaud qu’ils connaissent et aiment, et c’est exactement ce qu’ils obtiennent. 
Photo: Francis Vachon Le Devoir Des milliers de gens sont venus voir et entendre le Patrice Michaud qu’ils connaissent et aiment, et c’est exactement ce qu’ils obtiennent. 

« J’ai habité sur Casot, sur Saint-Olivier, sur Turnbull, sur des Franciscains, mais ce soir, j’habiterai ici !!! », publie Patrice Michaud mardi après-midi sur Facebook, au-dessus d’une photo prise de la grande scène du Festival d’été de Québec. Quelques heures plus tard, il y est et n’en revient pas. « Eille ! envoie-t-il à ses parents. Votre gars est sur les Plaines ! »

Le voilà, le gentil géant de Cap-Chat, en bel habit à rayures Brian Jones 1965, du meilleur effet. Radieux. Ravi. Heureux. « C’est comme un rêve… » Autour de lui, ses musiciens sont chic’n’swell, très Beatles (ou Baronets, c’est comme vous voulez). C’est la portion Majestiques du spectacle, clin d’oeil aux groupes yéyé des années soixante. Les Majestiques ont leur page : sachez que Patrice et ses musiciens y deviennent Roméo R. Roy, Robbie Robidoux, Bingo Comeau, Jimmy-Dean Landry, Jean d’Arc Gallant.

Entre vous et moi, les versions n’ont de yéyé que l’habit. Surtout avec la section de cuivres, on est plus près, disons, d’un Johnny période pop-soul-r’n’b (ou l’équivalent au Québec, Donald Lautrec au temps du Donald Lautrec Chaud). De fait, le veston de Patrice est vite enlevé, on retrouve le gars pas mal tel quel, et son répertoire ramené à aujourd’hui : l’occasion, j’imagine, est trop unique pour la jouer Majestiques tout au long du spectacle.

La récré yéyé

Ces milliers de gens sont venus voir et entendre le Patrice Michaud qu’ils connaissent et aiment, avec des invités pour partager la soirée, et c’est exactement ce qu’ils obtiennent. Splendide moment que Les terres de la Couronne, avec Ariane Moffatt et Marie-Mai. Fabuleux clin d’oeil que le « plain sur les Plaines » dansé avec une ancienne flamme du secondaire, avec le vrai de vrai Mario Pelchat qui est là pour chanter son Pleurs dans la pluie d’il y a 25 ans.

Photo: Francis Vachon Le Devoir Le chanteur a partagé la soirée avec plusieurs invités, dont Ariane Moffatt et Marie-Mai. 

Quand le segment Majestiques arrive, c’est plus prétexte qu’autre chose. Il y a bien la reprise de Ces bottes sont faites pour marcher, avec Pascale Picard en Dominique Michel, plus que réussie. Totale bonne idée que Les cactus, avec Yann Perreau en Jacques Dutronc. C’est moins dans le ton quand le même Yann donne avec Patrice et ses Majestiques une version de Beau comme on s’aime plus new wave que yéyé. Mario Pelchat chantant du Dassin, Dans les yeux d’Émilie ? Morceau disco avec Marie-Mai ? On s’écarte, là. Pardonnez l’urticaire du puriste. Tout le monde s’amuse : c’est l’essentiel.

Et tous les invités sont là, tous en paillettes pour la finale qui n’a rien de yéyé et tout de Patrice Michaud : Les mécaniques générales. Et tout Québec chante le refrain. Qu’importe l’emballage quand on a de si fédératrices et imparables chansons. À la toute fin, Patrice chante quelques lignes pour ses enfants. Puis s’exclame : « C’est beau la vie ! » Il est ému. Le grand artisan de chansons populaires a eu sa soirée de rêve. Et c’est au rappel que Les Majestiques seront le plus authentiquement yéyé : une salve d’adaptations des Beatles clôt formidablement l’affaire, Baronets y compris. « C’est comme un rêve», répète le majestueux frisé.