Reach, Christian Sands

Voilà un album fort solide qui nous avait totalement échappé en 2017 : la présence éclatante du pianiste américain Christian Sands en ouverture du concert de Cécile McLorin Salvant la semaine dernière au FIJM donne l’occasion de s’y attarder. Premier constat : sur disque ou sur scène, Sands (29 ans) pratique un jazz à haute vélocité, incandescent de vigueur, fluide partout. C’est soutenu par une technique virtuose, mais aussi par une musicalité jamais oubliée — question de nuances, de variations de teintes, d’un certain lyrisme ici et là. Deuxième constat : Sands écoute beaucoup de musique — jazz moderne et traditionnel, blues, afro-cubaine —, et cela s’entend dans ses compositions. Dit autrement, il n’y a ici rien de linéaire. On peut sentir à travers ces choix un certain réflexe de premier gros album officiel, la volonté de montrer la variété du talent. Mais la cohérence générale demeure là. C’est décliné en trio, avec invités (McBride, Hekselman, Stickland, notamment), et ça annonce une suite intéressante.

Reach

★★★ 1/2
Jazz

Christian Sands, Mack Avenue