The Future and the Past, Natalie Prass

Il y a trois ans, Natalie Prass sortait de l’ombre en costume pop-baroque dans le ravissement général. S’il a fallu attendre tout ce temps son retour, c’est qu’il y a eu des revirements : un changement d’étiquette (mais toujours Matthew E. White à la production) et, surtout, un album entier mis au rancart pour répondre à un soudain basculement collectif dans l’inquiétude : l’élection de Donald Trump en 2016. The Future and the Past sert donc, deux ans plus tard, à nommer la noirceur, la lutte et la joie survivante, plutôt qu’à lancer un tardif cri de ralliement. Natalie Prass a toujours cette façon délicate de manier ses grooves pop-jazz, désormais solidement nourris de funk, de R&B et même de disco. S’il y a encore des cordes (sur Your Fire) et une suavité dans la trame (excellente Hot for the Mountain), l’orchestre frappe ici les tempos avec fièvre et obstination. Écoutez Sisters, une incantation féministe nourrie de gospel : elle résume cet album posément engagé, ou quand l’art n’a eu d’autre choix que de parler politique.


The Future and the Past

★★★★
Pop alternative

Natalie Prass, ATO Records