Helena Deland: des chansons à la pièce avant l’album

La presse spécialisée d’ici et d’ailleurs n’a que de bons mots pour la musique folk-rock et la voix un brin effacée d’Helena Deland.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La presse spécialisée d’ici et d’ailleurs n’a que de bons mots pour la musique folk-rock et la voix un brin effacée d’Helena Deland.

Elle a déjà plusieurs premières parties à son actif, dont celles avec les Barr Brothers et Superorganism. La presse spécialisée d’ici et d’ailleurs n’a que de bons mots pour sa musique folk-rock et sa voix un brin effacée. Et pourtant, depuis 2016, Helena Deland n’a livré que huit petites chansons séparées en deux projets. Question d’asseoir ses fondations, dit-elle.

Avec son allié Jesse Mac Cormack, elle a lancé un premier EP il y a deux ans, Drawing Room, qui a davantage les pieds dans la lumière et la poussière que ses plus récentes pièces. Celles-ci, plus synthétiques, ont été lancées plus tôt cette année en deux volumes de deux titres chacun sous le titre d’Altogether Unaccompanied. Cinq autres morceaux de cette espèce de recueil verront le jour dans les mois à venir. Bref, Deland livre sa musique à la pièce.

« En fait, c’était l’idée que je trouvais la plus rassurante, explique la native de Québec, d’un père francophone et d’une mère irlandaise. Quand je suis entrée en studio pour enregistrer les neuf pièces écrites en cinq ans, je croyais qu’elles sortiraient toutes ensemble sous le même titre. En les écoutant, je me suis rendu compte que non seulement de manière sonore elles différaient beaucoup, mais en plus, en terme de composition et de thématiques, elles étaient plus ou moins faciles à rallier ensemble à mon goût. »

Altogether Unaccompanied aura donc ses volumes trois et quatre, chaque segment étant vu par Deland comme un sous-groupe plus cohérent. L’approche fait que sa musique peut vivre par à-coups, mais plus longtemps. Et il y a plus.

« C’est une chose à laquelle j’ai beaucoup réfléchi, mais l’album, c’est une forme qui doit être méritée en quelque sorte, en tant qu’artiste, croit Deland. Méritée dans la mesure où je crois que, pour soi, c’est vraiment plus pertinent d’avoir un public fidèle avant. Parce que sinon, ça peut être un coup d’épée dans l’eau. Et je trouve que c’est bien d’avoir une présence constante, surtout au début, quand les gens n’attendent pas quelque chose nécessairement. C’est bien d’exister en petites doses fréquentes ! »

Reste que la prochaine étape d’Helena Deland est l’album complet, sur lequel elle est déjà en train de travailler. Et le fait qu’elle ait déjà tâté une large palette de sons folk-rock lui permet maintenant d’être assez libre dans ses futurs choix esthétiques.

« Je me sens en contrôle, dit-elle. Et le fait que la réception soit aussi bonne est dû beaucoup à l’équipe qui m’entoure, qui travaille très fort et qui me donne énormément de place sur le plan créatif. Il n’y a pas vraiment d’angoisse à avoir à me mouler à des attentes préexistantes. »

En toute logique avec sa stratégie, quelques-unes de ses nouvelles chansons trouvent donc leur place sur scène, aux côtés de son répertoire existant.

Viser l’étranger

« Là, on travaille l’intégration de synthétiseurs, dit Deland sur son spectacle. On est un groupe qui n’est pas acoustique, mais très guitaro-centriste. Mais avec les derniers enregistrements, pour pouvoir jouer Take It All, par exemple, il faut que j’aie du synthé. C’est un work in progress, et pour la fin de l’été on veut avoir un spectacle rodé où il va y avoir une plus grande variation dans l’instrumentation. »

En partie parce qu’elle chante en anglais, Helena Deland voit bien qu’il est plus difficile pour elle d’obtenir une grande diffusion au Québec, « ce qui est normal et compréhensible ». Aussi, son plan de développement est de visiter les marchés des États-Unis et de la Grande-Bretagne.

C’est d’ailleurs là qu’elle a passé presque deux semaines récemment, le temps de quelques concerts en salle et en festivals, dont le Great Escape. Deland y a rencontré plusieurs joueurs de l’industrie, dont des étiquettes de disques. « Il y a beaucoup de potentiel dans les rencontres que tu peux faire dans ces contextes-là », dit-elle.

Sinon, ce genre d’exercice peut relever « du débroussaillage », confie-t-elle. « Oui, on a eu quelques shows en tête d’affiche, mais bon, je ne sais pas si je devrais en parler, mais on a aussi eu un show devant trois personnes ! Ça arrive, il en faut, des comme ça. » Mais à la pièce, quand même.

Helena Deland

Au Festival d’été de Québec le 8 juillet, à 17 h, sur la scène de l’Assemblée nationale