Le Festival OFF fête ses quinze ans

Le Festival OFF se poursuit jusqu’à dimanche, avec notamment Zen Bamboo.
Photo: Mathieu Fortin Le Festival OFF se poursuit jusqu’à dimanche, avec notamment Zen Bamboo.

Depuis quinze ans, le petit, grouillant et chaleureux Festival OFF évolue dans l’ombre du gigantesque Festival d’été de Québec en parvenant, tout doucement, à lui forcer la main pour qu’il accorde une plus grande place aux musiciens de la relève. La plus grande contribution du Festival OFF, cependant, ne se révèle que la nuit tombée : c’est, depuis quinze ans, la destination des festivaliers voulant faire durer le plaisir musical.

Quinze ans, ça se fête, confirme Jean-Étienne Collin Marcoux, directeur artistique du Festival OFF, musicien lui-même et cofondateur du Pantoum, un complexe de création musicale disposant de locaux de répétition et de studios d’enregistrement occupé par une quarantaine de musiciens de la capitale.

« On a prévu un plus gros budget que d’habitude dans le but de proposer plus de shows signatures », s’emballe le directeur, qui réaffirme du même souffle la mission originale du Festival OFF : « De un, présenter une large proportion d’artistes issus de la scène de Québec — environ 55 % des musiciens de notre programmation viennent de Québec même. Et de deux, offrir un volet de shows signatures, des concerts spéciaux et uniques. »

Ç’a commencé mercredi soir au complexe Méduse avec un hommage à l’album Joe’s Garage de Frank Zappa, interprété par un ensemble de douze musiciens. Mercredi, toujours à la Méduse, on donne carte blanche à l’auteur-compositeur-interprète Anatole — « une invitation claire à la débauche », prévient-on dans le programme, que l’on peut consulter à l’adresse quebecoff.org. Il y a deux fois plus de spectacles de création au OFF que l’année dernière.

Cette fois, c’est le festival officiel qui a forcé la main au OFF, reconnaît le directeur : « Depuis deux ou trois sans, le FEQ monte une programmation sur la scène Fibe et une autre à la salle L’Anti qui témoigne des efforts faits pour proposer de nouveaux projets musicaux, de nouveaux artistes, et je trouve ça super positif. Or, avant, le OFF était la première scène importante pour les musiciens de la relève ; aujourd’hui, avec les nouvelles programmations du FEQ, c’est la Fibe ou L’Anti qui devient leur première chance. Ça nous force à adapter notre programmation en creusant encore plus loin dans la nouveauté, comme avec VINCENT, un artiste électronique qui monte son premier concert live pour nous. »

Pour l’avenir du OFF, la voie des spectacles signatures m’apparaît très intéressante et mérite d’être davantage mise en valeur

Plus de scènes pour la relève, pour les musiciens de la scène underground de Québec, qui vit depuis deux ou trois ans une période faste, reconnaît Collin Marcoux. Tout le monde y gagne au change. Les festivaliers aussi : il y a quinze ans, lorsque les dernières notes finissaient de résonner au Pigeonnier vers 23 h 30, les mélomanes n’avaient que le Festival OFF pour continuer à fêter en musique jusqu’au petit matin. C’est encore la destination de choix pour les festivaliers aventureux, mais encore, le FEQ a pris bonne note, offrant désormais des concerts tardifs à L’Anti et à l’Impérial. « C’est sûr que ça nous fait encore un peu de compétition », dit le directeur, néanmoins convaincu du pouvoir d’attraction de sa programmation.

« Pour l’avenir du OFF, la voie des spectacles signatures m’apparaît très intéressante et mérite d’être davantage mise en valeur. Parce qu’il y a très peu de propositions de spectacles originaux comme ça à Québec, et pourtant, nous disposons d’un beau bassin d’artistes multidisciplinaires, issus du théâtre, de la danse. Il y a de la place pour intégrer les autres formes d’art, et je crois qu’on peut jouer un rôle là-dedans et monter des performances artistiquement intéressantes et flyées. »

Le Festival OFF se poursuit jusqu’à dimanche, avec notamment Zen Bamboo, Perdrix, Cloud Collision, Laura Babin et Choses Sauvages.