Conversation en bleu minuit

Sur scène, Chet Doxas projetera les toiles d'artistes qui l'ont inspiré comme Futura 2000, Robert Longo, Mapplethorpe ou Basquiat.
Photo: Festival international de jazz de Montréal Sur scène, Chet Doxas projetera les toiles d'artistes qui l'ont inspiré comme Futura 2000, Robert Longo, Mapplethorpe ou Basquiat.

Le point de départ, c’est un rêve. « C’est une histoire bizarre, parce que ce n’est tellement pas mon style, dit Chet Doxas, légèrement gêné. Mais j’ai fait ce rêve étrange, et depuis mon réveil ce matin-là, je vois des couleurs chaque fois que j’ai une conversation, selon la voix de la personne qui parle. »

Ainsi de notre discussion un jeudi de la mi-juin : c’est bleu minuit, dit-il. Et ainsi de son dernier disque, Rich in Symbols, entièrement bâti à partir de couleurs — plus précisément, inspiré des toiles créées par la communauté des artistes visuels présents à New York au début des années 1980 et associés au mouvement « no wave ».

« J’ai composé chaque pièce comme si c’était la trame sonore d’une toile », explique Doxas, Montréalais d’origine, mais établi à New York depuis quatre ans. « Je suis allé dans plusieurs musées, j’ai amené mon cahier de musique et j’ai composé à l’oreille en regardant les oeuvres. Pour chaque toile, il y avait de la musique. » Comme cachée là, dans le relief des couleurs.

Cela fait, Doxas a cherché un thème qui unifierait les différents éléments du projet. C’est à cette étape qu’il a choisi de concentrer le travail autour de la scène no wave, que l’on définit souvent comme étant comprise entre 1978 et 1982. « Ça donnait une unité au projet, une manière de partager quelque chose de précis avec les auditeurs, souligne Doxas. Mais c’est aussi que j’adore les artistes de cette époque, ce que le mouvement a permis de créer. »

Courant surtout musical, mais aussi visuel, le no wave (en dérision de « new wave ») est notamment associé à Brian Eno, Jean-Michel Basquiat et Robert Longo. Avec quelques mots pour le définir, on dirait : post-punk, dissonance, déstructuration, improvisation. C’est un New York (le Lower East Side, en fait) paumé qui flirte avec le chaos, l’anarchie, le rejet des structures. Un New York à forte créativité.

Sur scène, Chet Doxas (qui joue sax et synthétiseur sur le projet Rich in Symbols) projetera les toiles qui l’ont inspiré. Futura 2000 (Starcrossing), Robert Longo (Dancing on the Roof), un autoportrait en noir et blanc de Mapplethorpe, Basquiat (Hollywood Africans) et quelques autres seront donc présents visuellement.

Et musicalement ? Rich in Symbols est un projet envoûtant, porté par un jazz électro-rock au dynamisme constant. Un vibrant mélange de couleurs, très vives et modernes. « C’est ce qu’est le jazz pour moi, dit Chet Doxas : une musique en évolution, où vous êtes libres de présenter voguer vision sans étiquette. »

Matthew Stevens (guitare), Zack Lober (basse) et Eric Doob (batterie) accompagneront Doxas.


Le 3 juillet au FIJM, à 22 h 30 (au Gesù) 

Le 4 juillet à Trois-Rivières, à 17 h 45 

Le 5 juillet au Festival d’été de Québec, à 20 h