Des passeurs enracinés au Festival en chanson de Petite-Vallée

Louis-Jean Cormier et Marie-Pierre Arthur ont été au centre d’un hommage chanté par un chœur de 250 enfants en ouverture du festival jeudi.
Photo: André Bujold Louis-Jean Cormier et Marie-Pierre Arthur ont été au centre d’un hommage chanté par un chœur de 250 enfants en ouverture du festival jeudi.

« C’est un peu inavouable », reconnaît Louis-Jean Cormier. Mais le musicien espérait un jour être choisi « passeur » — une façon de dire porte-parole — du Festival en chanson de Petite-Vallée, un événement qu’il fréquente depuis qu’il est enfant, étant de la famille de ses organisateurs. Pour cette 36e édition rendue toute spéciale par les incendies ayant frappé le festival, son souhait s’est réalisé.

Cormier est cousin avec le directeur du Festival en chanson, Alan Côté. Tous les Noëls, c’est à l’ancienne Maison Lebreux que la famille se rassemblait. Cet hiver, raconte le chanteur, les enfants ont tenté de reconstruire dans la neige le Théâtre de la vieille forge emportée par un feu en août dernier. Bref, le lieu est un fort pour la marmaille, mais un phare pour les plus vieux.

L’ancien de la formation Karkwa — qui se reforme bientôt pour un concert au festival La Noce à Chicoutimi — est accompagné dans sa tâche de passeur par Marie-Pierre Arthur, native de la ville voisine de Grande-Vallée et dont l’enfance a été bordée par l’événement, sa maison servant bien souvent de lieu d’accueil pour de nombreux musiciens de passage.

« Pour nous c’était naturel de donner plein de temps et d’énergie au festival cette année, affirme celle qui jouait jadis pour Ariane Moffatt. On est chez nous ici et on l’a dans le cœur pour vrai. » Les deux amis ont effectivement été très présents dans les derniers mois, lors des campagnes de financement mises sur pied pour la reconstruction de la salle de spectacle.

« Notre rôle, on l’a un peu tatoué sur le cœur. Nos racines sont bien plantées ici, dit Louis-Jean Cormier. Bon, reste le fait qu’on est jeunes encore, on n’est pas Gilles Vigneault, on n’est pas Daniel Lavoie, on a à peine quelques disques à notre actif… Mais on dirait que d’être des enfants du village, dans cette année charnière, ça bouclait quelque chose. »

En plus de multiplier les entrevues pour parler du Festival en chanson, les deux passeurs sont aussi impliqués musicalement dans la programmation, comme c’est l’habitude avec les porteurs de ce titre. Après avoir été au centre d’un hommage chanté par un chœur de 250 enfants en ouverture jeudi, les chansons d’Arthur et Cormier seront aussi revisitées lundi par famille et amis musiciens.

En plus de tout ça, les deux feront un concert commun intime vendredi, le lendemain du concert spécial 1X6, qui rassemble Cormier, Arthur, mais aussi Fred Fortin, Ariane Moffatt, Olivier Langevin et Salomé Leclerc. Tout un programme. « On s’est plongé dans un show pas peu chunky !, dit Marie-Pierre Arthur en riant. On a monté ça il y a deux semaines. Il n’y a pas d’autres musiciens dans le groupe que nous autres. »

Tout le monde jouera de tout et chantera le répertoire de tous. Ce qui veut dire par exemple qu’Olivier Langevin délaissera sa guitare pour se retrouver parfois aux percussions, ou que Salomé Leclerc sera derrière la batterie.

La suite ?

Louis-Jean Cormier et Marie-Pierre Arthur sont tous les deux dans un moment d’entre deux de création, le premier poursuivant une sabbatique et la seconde se dirigeant vers la composition d’un nouvel album.

« J’ai pas de plan, parce que j’ai pas envie de sortir quelque chose avant que ça soit fait à mon goût, raconte l’auteure de Pourquoi, Allright et Rien à faire. Mais oui, ça devrait se passer en 2019. »

L’auteur de Tout le monde en même temps, lui, chérit le temps qu’il a maintenant en main, entre autres pour voir plusieurs concerts et pour prendre quelques pas de recul sur sa carrière. « Je me rends compte que c’est bénéfique. J’ai une meilleure vue de la direction artistique de tout ce que j’ai fait dans le passé, et de ce qui s’en vient aussi. Des fois, on file tout droit, un peu comme une poule pas de tête, et on est dans le momentum, on est passionné. Et juste d’arrêter, ça fait du bien. »