Medeski, au-delà de Martin et de Wood

«Je ne veux pas jouer avec des gens qui sont là pour impressionner, dit le claviériste John Medeski. Ce qui m’intéresse, c’est comment ils interagissent, comment ils écoutent.»
Photo: Source Festival international de Jazz de Montréal «Je ne veux pas jouer avec des gens qui sont là pour impressionner, dit le claviériste John Medeski. Ce qui m’intéresse, c’est comment ils interagissent, comment ils écoutent.»

Depuis plus de 25 ans que le nom de John Medeski est d’abord associé au groupe Medeski, Martin Wood, il était temps de pouvoir prendre la mesure de tout ce que le pianiste et claviériste fait au-delà de ce populaire trio. L’occasion est là, à compter de vendredi : trois concerts pour trois versants du polyvalent musicien.

C’est une première, ce genre de concept offert par la série Invitation du Festival international de jazz de Montréal (FIJM) ? À l’autre bout de la ligne, John Medeski répond avec enthousiasme que… non. Ou enfin : « C’est peut-être une première officielle, avec mon nom en avant. Mais je participe à plein de projets [dont plusieurs de John Zorn], et l’an dernier, j’ai dû faire 18 shows en une semaine à La Nouvelle-Orléans. Mais peu importe : c’est super excitant pour quelqu’un comme moi qui adore ces expériences. »

Car Medeski aime pratiquement tout et ratisse large dans le champ des musiques : le jazz, évidemment. Mais aussi le heavy métal. Le funk qui se danse. La musique méditative.

Une constante à travers ça : peu importe le projet, il faut jouer avec des musiciens qui savent se mettre au service de la musique. « Je ne veux pas jouer avec des gens qui sont là pour impressionner, dit-il. Ce qui m’intéresse, c’est comment ils interagissent, comment ils écoutent. Et les musiciens avec qui je jouerai à Montréal sont tous comme ça. »

Photo: Barbara Rigon


Marc Ribot. Parlons d’abord du guitariste Marc Ribot, avec qui Medeski ouvre la série Invitation vendredi. Ribot qui fascine tout amateur de guitare par sa capacité à se fondre dans n’importe quel environnement musical en restant toujours Marc Ribot. Avec Tom Waits ou Allen Toussaint, sur la grande scène du Centre Bell lors du spectacle hommage à Leonard Cohen l’automne dernier, peu importe où on le trouve, Ribot sera Ribot.

« Man ! C’est mon favori, ça l’a toujours été, s’exclame Medeski. Il peut faire n’importe quoi, et tu sauras toujours que c’est Marc Ribot. Personne ne peut se tromper. Sa voix est tellement unique, tellement forte. »

Mad Skillet. Ce projet est né en marge du New Orleans Jazz and Heritage Festival en 2015. L’esprit musical de La Nouvelle-Orléans sert d’ailleurs d’ancrage à ce gros bouillon musical qui est à la fois jazz, blues, rock, R&B… « C’est vraiment un groupe bâti dans le plaisir, raconte Medeski. Ce sont de grands improvisateurs, tout est basé sur le groove et on étire vraiment ça dans tous les sens. »

Avec ce quartet totalement explosif, le répertoire est constitué à la fois de morceaux écrits en commun et de pièces de chaque membre. « Mais honnêtement, ce sont juste des points de départ et d’atterrissage… » dit John Medeski.

Avec Billy Martin et Mark Guiliana. Le dernier concert sera l’occasion de passer le relais au batteur Mark Guiliana, qui mènera la deuxième série Invitation. « Billy est un fantastique percussionniste en plus d’être batteur, relève son collègue Medeski. C’est une sensibilité qui sera vraiment intéressante dans le contexte où il jouera avec un autre batteur qui est lui aussi très sensible, ouvert, créatif. Ce sont deux musiciens qui ont une écoute exceptionnelle. »

Parlant de Billy Martin, John Medeski a-t-il encore des projets avec le trio que les deux forment avec Chris Wood ? « Absolument ! On a été plus discrets dans les dernières années, mais nous avons enregistré un nouvel album qui sortira bientôt. Nous aimons explorer plein de choses chacun de notre côté, mais le groupe demeure vivant. »


En spectacle au Gesù à 18 h
John Medeski et Marc Ribot Trio : 29 juin
John Medeski’s Mad Skillet : 30 juin
Medeski, Martin & Guiliana : 1er juillet