Bondissante et bienveillante Ringer

Catherine Ringer au théatre Maisonneuve, mardi aux Francos
Photo: Valerian Mazataud Le Devoir Catherine Ringer au théatre Maisonneuve, mardi aux Francos

Un grand sourire, les pieds qui sautillent et les bras largement ouverts, comme pour embrasser la foule. C’était en résumé Catherine Ringer mardi soir au théâtre Maisonneuve dans le cadre des Francos de Montréal. La grande dame très en voix a gambadé tout du long sur la scène, pleine de bienveillance. Ses bras ouverts, ils disaient autant « c’est moi » que « c’est nous ».

Ringer, toute de rouge vêtue, les cheveux couverts d’un bandeau et chaussée d’espadrilles, a d’entrée de jeu campé le décor de la soirée. Il y aurait « des chansons assez fraîches et nouvelles, mais aussi des chansons plus anciennes », a-t-elle lancé. « Même des vieilles et même de très, très vieilles chansons », a-t-elle ajouté en imitant une voix chevrotante de grand-mère.

Allons donc pour le mélange des époques, même sans Fred Chichin, le complice parti trop vite. Senior, Como va, Vive l’amour ont côtoyé Mandolino City (de 1988, quand même), Andy (au rappel) et Allô !

D’entrée de jeu Ringer a sautillé des coulisses jusqu’à la scène, dans une valse leste et hypnotisante qu’elle a poursuivie toute la soirée et qui a dynamisé un spectacle qui a débuté assez lentement. De gauche à droite, les bras en l’air ou les genoux fléchis, elle avait presque des airs de Mick Jagger, sourire inclus.

Si la soirée a connu un bon sursaut en mi-parcours avec des titres plus rock, on aurait toutefois dit pendant de longues minutes et plusieurs chansons que les quatre musiciens de Ringer se retenaient de ne pas jouer trop intensément. Une prudence musicale pour faire briller la chanteuse ?

Ç’aura marché d’une certaine façon, Ringer portant ça sur ses épaules, et n’en doutez pas, elle est encore capable. Il y a aussi le fait que son plus récent matériel n’est pas que de la bombe, et qu’elle a gardé ses vieux tubes pour tard dans le spectacle. Ç’aura pris une bonne heure et la chanson Le petit train des Rita Mitsouko avant que certains membres du public se lèvent pour se dandiner. Et pour que la fête décolle. Les musiciens se sont mis à danser aussi, Ringer enfilait voiles et tissus et faisait tournoyer une serviette, avant de lancer la bombe Marcia Baïla, qui même si elle était jouée somme toute lentement, a scellé le pacte entre Ringer la bienveillante et la bondissante et son public.

Fanny Bloom

Photo: Valerian Mazataud Le Devoir Fanny Bloom, mardi soir, aux Francos

Fanny Bloom la fragile ? C’est l’image qui nous restait en tête de la chanteuse, peut-être à cause de son disque seule au piano. Mais mardi soir avant Catherine Ringer, elle a fait preuve de beaucoup d’aplomb, d’assurance et de maîtrise, et s’est montrée en parfait contrôle sur la grande scène de Maisonneuve. Accompagnée d’une claviériste et d’un batteur, Bloom a balancé son bout de spectacle entre des pièces plus douces et acoustiques et ses titres plus rebondissants, certainement les plus réussis. Elle a proposé du matériel de son nouveau disque Liqueur, mais aussi de ses titres forts comme Piscine et aussi un succès souvenir de La Patère rose. Si la chanteuse de tulle et de rubans roses vêtue a passé un peu de temps derrière son clavier, elle a aussi pris les devants de la scène, libérée de son instrument et parfaitement à l’aise dans ses pas de danse. Fanny Bloom a aussi bien dosé ses présentations, entre récit personnel — on a eu droit à un bon truc pour rentrer de l’alcool sur le site des Francos — et monologues plus poétiques.