Lush Life, Bonjay

Huit ans après la sortie du EP Broughtupsy, le duo torontois Bonjay accouche d’un premier vrai album, démontrant ainsi qu’il vaut la peine, parfois, de prendre son temps pour bien faire les choses, quitte à se faire oublier en cours de route. Si son alliage entre soul, pop, dancehall jamaïcain et musiques électroniques sonne toujours frais, c’est la manière de l’articuler qui gagne en pertinence et en maturité. La voix fine et stridente de la chanteuse Alanna Stuart occupe le devant de la scène, insufflant beaucoup d’âme aux productions ingénieuses du beatmaker Ian Swain. Sur Chelsea, on croirait entendre Kate Bush se recycler en diva de boîtes de nuit, alors que Stewartfait virevolter sa voix sur une cymbale saccadée et un gros bourdon qui sert de basse. À nouveau, c’est quand l’influence jamaïcaine est la plus marquée que Bonjay marque ses plus beaux buts, sur Medecine for Melancholy et How Come ; le groove house tribal s’y étirant sur plus de sept minutes, Night Bus Blue clôt avec panache ce goûteux premier album.
 

Lush Life

★★★ 1/2
Pop

Bonjay, Indépendant