Good Thing, Leon Bridges

C’est mon problème, j’imagine. Indéniablement, Leon Bridges a décidé que la réincarnation de Sam Cooke, ça plaisait mais ça gênait un peu aux entournures. Le Texan surgi de nulle part en 2015 avec son Coming Home épatant, brassant R&B, soul début sixties et gospel avec une facilité déconcertante, était en quelque sorte condamné au surplace. À moins d’y aller franco, assumant un funky-soul moderne en passant par les années 1970 façon Marvin Gaye : autrement dit, progresser en accéléré, rattrapant l’époque sans y passer sa vie. Leon Bridges est encore et toujours un chanteur extraordinairement doué, capable de toutes les nuances et toutes les caresses. On ne résiste pas longtemps aux grooves de Bad Bad News, If It Feels Good (Then It Must Be) et de (la quasi michaeljacksonienne) You Don’t Know. Et les ballades sont passablement prenantes, mais j’ai cette drôle d’impression d’écouter, non pas un deuxième album, mais un douzième. Et qu’entre les deux, dans l’ellipse, on a perdu beaucoup.

Écoutez Bad Bad News

Good Thing

★★★
Soul

Leon Bridges, Columbia / Sony