Rausch, GAS

Que le compositeur et producteur allemand Wolfgang Voigt utilise des échantillons de musique orchestrale ou de « vraies » cordes enregistrées en studio pour créer ses petits chefs-d’oeuvre ambiant/musique contemporaine n’a finalement pas d’importance, tant le résultat est riche et obnubilant. Or, sur son sixième album sous l’égide de GAS, Voigt se rapproche du son d’un authentique orchestre philharmonique : les nappes de violons, les motifs de hautbois et de cors, même certains sons percussifs, sont reproduits à la perfection, sans effets électroniques, alors que de subtils synthétiseurs s’immiscent entre les couvertures harmoniques. Un an seulement après l’impeccable Narkopop, le vétéran de la scène électronique allemande nous soumet une longue composition de 60 minutes, linéaire sur le plan de la rythmique — un simple 4/4 surgissant à la 10e minute, disparaissant passé la 30e, puis refaisant surface autour de la 37e —, mais incroyablement nourrissante côté textures et motifs mélodiques. Rausch signifie « intoxication ». Ç’aurait pu s’appeler süchtig, pour « addictif ».

Rausch

★★★ 1/2
Expérimental

GAS, Kompakt