Minus, Daniel Blumberg

Il est des albums qui sont comme une soudaine et petite commotion. Minus est dans ces eaux : effrayant dans sa beauté en parcelles, arrachée à une douleur très apparente. Avec ce premier album solo, le musicien britannique Daniel Blumberg, 27 ans, multiplicateur de projets collectifs, dévoile une schizophrénique agonie jamais tout à fait consumée. Le fil est chambranlant, sa cassure, si proche. Les dessins, les mots, les mélodies tourmentées, tout est de lui — avec, aux instruments, des amis londoniens. Parfois litanies, parfois expérimentations disjonctées achevées aux percussions (Madder), plus rarement parfaitement calmes (splendide The Bomb), ses pièces suivent une succession de cicatrices encore rougeâtres. Vieux folk, rock, classique moderne, son genre est l’expression d’un intérieur en constantes oscillations. Si son inquiétude transparaît dans ses lignes criardes de guitare électrique et dans l’imprévisibilité des cordes, sa survie suinte du piano lent et régulier — un coeur, peut-être. Sa voix est une grande promesse.

Écoutez Minus

Minus

★★★★
Expérimental

Daniel Blumberg, Mute