L’amour et le chaos, Alfa Rococo

Toutes les fois, et c’est la quatrième fois, ça résiste. Depuis 11 ans qu’Alfa Rococo, physiquement, fait le même effet : anticorps en alerte, rejet. Il a fallu une minute et quarante secondes ce coup-ci, le temps de l’intro prometteuse. Aux premières mesures répétitives d’Incendie, le morceau d’ensuite, c’était non merci. Il s’agit indéniablement de pop-électro parfaitement calibrée, tout est à la place idoine, ça s’entonne aisément, les rythmes et les motifs mélodiques tapent inlassablement sur le clou (ça tient du marteau-piqueur dans la chanson-titre, dans Monde idéal, dans Le temps qu’il faut I et II) : rien à redire. Ce n’est pas si loin d’une Ariane Moffatt, voire d’un Dumas, mais en même temps, c’est à l’opposé : rien n’adhère vraiment. Les airs monocordes de Justine Laberge et de David Bussières glissent sur le corps, les rimes riment sans rien arrimer. Ça se voudrait emballant, mais à la fin, ce n’est jamais que de l’emballage, sans rien dedans.

 

Alfa Rococo - L’amour et le chaos

L’amour et le chaos

★★ 1/2
Pop-électro

Alfa Rococo, Coyote / Universal