Marc-André Hamelin, Schubert: Sonate pour piano et Impromptus

Le chemin est long. Le chemin est merveilleux. Le chemin est presque aussi irréel que celui de l’ultime sonate de Schubert. Quarante-cinq minutes en une patiente pérégrination que la fréquentation des salles de concert et des festivals les plus huppés, dont la Schubertiade de Hohenems, a délivrée de toutes les inutiles aspérités. Ce chemin est celui de Marc-André Hamelin, passé de sorcier de la folle virtuosité à celui de pianiste désormais respecté dans les oeuvres les plus sérieuses du répertoire. Et la Sonate D. 960 de Schubert en est un mètre étalon. Ne croyez pas que ce fut facile. Les disciplines sont étanches. D’un côté les doigts ; de l’autre le cerveau. Comme si c’était incompatible… Mais oui, c’est incompatible : c’est écrit dans les journaux ! Eh bien, non… Et cela peut s’entendre dans un disque que l’on respecte, comme on respecte Kovacevic, Zacharias, Uchida. Marc-André Hamelin a l’art de forcer l’écoute et de scruter l’infinitésimal avec une simplicité limpide et épurée, si en phase avec la couleur de la pochette.

Écoutez un extrait de l'album

Marc-André Hamelin

★★★★ 1/2
Classique

Schubert : Sonate pour piano et Impromptus. Hyperion, CDA 68213