Michael Kaeshammer, le pianiste caméléon

Michael Kaeshammer
Photo: Source Linus Michael Kaeshammer

Il n’est pas manchot, le pianiste et chanteur d’origine allemande qui s’appelle Michael Kaeshammer et habite à Vancouver, mais il évolue comme un poisson-éclaireur dans les eaux que l’on sait tumultueuses de La Nouvelle-Orléans. Ouf ! Chose certaine, son album Something New publié par Linus est propre à ranimer les esprits chagrins, car il y a chez cet homme du caméléon.

Oui, oui, du caméléon. Car nous voici en présence d’un pianiste qui maîtrise jusqu’au bout des doigts les arts musicaux conçus et développés par Allen Toussaint, Dr John, Professor Longhair, James Booker, avec un soupçon de ce jazz de cabaret, le jazz du noeud papillon, si cher à Charles Brown. En d’autres mots, géographiquement causant, Kaeshammer nous promène ici et là dans le Sud.

Il l’aime un peu, beaucoup, à la folie, le sud des États. Et comme il a composé toutes les pièces proposées à l’exception de Sweet Georgia Brown, il lui a dédié une chanson : Dixie Has the Blues, qui met en relief une inclination littéraire qui rappelle, elle, un autre sudiste de poids, soit Mose Allison. En voici un extrait : « Los Angeles has movie stars, London has Big Ben / China has the longest wall ever made by men / Some got ancient pyramids and some got kangaroos / But Dixie has the blues. » Amen !

Des requins de studio

Pour confectionner cet album, Kaeshammer s’est entouré de cadors, de requins de studio qui ont fait le bonheur des Neville Brothers, de Joe Henry ou encore du duo Alison Kraus — Robert Plant et autres. Ils sont onze à rythmer cet album joyeux, séduisant de la première à la dernière seconde.

Parfois, il y a des invités de haut vol, comme Cyrille Neville, le guitariste Amos Garrett, le pianiste Chuck Leavell et consorts. Pour dire les choses simplement : Michael Kaeshammer est un formidable caméléon.


À voir cette semaine



Marc Copland. Samedi soir, le Upstairs propose une grande et belle affiche : le pianiste sera entouré du guitariste Roddy Ellias et du contrebassiste Adrian Vedady. Pour dire les choses tout simplement, on doit beaucoup au Montréalais Vedady qui a invité Copland plusieurs fois dans nos environs au cours des dix dernières années.

Copland, qui n’est rien de moins que l’héritier direct, on osera dire en chef, de Bill Evans, car chez lui toutes les préciosités qui se cachent derrière le lyrisme ont été gommées. Au fil des ans, ou plutôt de ses enregistrements pour l’étiquette allemande Pirouet et sur sa propre étiquette InnerVoiceJazz, Copland s’est posé en maître du jazz de chambre. Il rappelle d’ailleurs beaucoup John Lewis, du Modern Jazz Quartet.

Quoi d’autre ? À ce que l’on sache, question finesse, il n’a pas d’équivalent. Avec la présence du guitariste Ellias qui est l’héritier, lui, de Jim Hall, la soirée s’annonce aussi douce que la Debbie’s Waltzsi chère à Bill Evans.