Barn Coat, Lisa/Liza

Cet exercice de style signé Lisa/Liza, musicienne du Maine au folk extrêmement minimaliste, est encore plus fuyant que Deserts of Youth (2016), premier album très doux, tout en spirales, qui avait fait forte impression. Lâché par surprise sur Bandcamp, ce court EP a tout d’un jardin secret : il n’y a qu’une guitare lente, un peu brouillonne, parfois percussive, pour enrober les histoires mélancoliques de cette voix toujours gracile. Un sentiment d’inachevé habite cette fois les mélodies flageolantes, parfois sinueusement bâties (Vanity Plate) ou au pouls plus régulier (Windows Up). Pareil vacillement soit déconcerte, soit jette dans un calme souverain. Ce pourrait être une fin d’après-midi au bord d’une rivière de campagne, petit concert sans micro, sans vent et sans tambours — un Barn Coat improvisé pour les merles de passage. C’est là une belle démonstration de la solitude, de nos microscopiques lucidités devant le grand horizon de la vie. On se demande, constamment, si la musique flanchera. Mais non, elle reste et tient, sur sa corde sensible.
 

Barn Coat

★★★
Psych Folk

Lisa/Liza, Indépendant