The Tree of Forgiveness, John Prine

À le voir dans la lumière crue de la photo de pochette, on dirait qu’il nous parle. Oui, c’est moi, John Prine. Moi après deux cancers. Moi à 71 ans. Vivant. C’est bien lui, Prine, le pionnier de ce qu’on appelle aujourd’hui l’americana, ce nihiliste de la chanson d’auteur dont se sont réclamés les Bob Dylan, Johnny Cash et autres Kris Kristofferson. Ce premier album de nouveau matériel en 13 ans, pour qui suit le gaillard de l’Illinois d’album sombre en album noir foncé depuis les années 1970, a quelque chose de… guilleret. Un fort sentiment de gratitude. La tendre Summer’s End, la souriante Knocking on Your Screen Door exaltent les petits riens qui font que la vie se calcule en instants d’éternité. I Have Met my Love Today, chante Prine comme si l’amour avait été inventé ce jour-là. La voix éraillée comme le visage de la photo témoignent du chemin parcouru. Les textes aussi : sans naïveté, sans édulcorant, l’homme vit à plein son sursis.

 

John Prine - I Have Met My Love Today

The Tree of Forgiveness

★★★★ 1/2
Americana

John Prine, Oh Boy Records/Sony