Winterreise, Mark Padmore (ténor), Kristian Bezuidenhout (pianoforte)

J’ai envie de pleurer. D’ailleurs, on pleure tout le temps ici. Et, à force, on ne sait plus pourquoi. Le génie de Schubert ? Un chanteur qui vous vrille le coeur ? Un pianofortiste visionnaire qui enfonce les clous sur la croix du supplicié ? Après l’étrange expérience du concert interrompu de Ian Bostridge à Bourgie, ce Voyage d’hiver montre que, sur le terrain de « l’hyper expressivité », Padmore, par sa maîtrise de l’idiome poétique allemand, éclipse son compatriote. Aucune ambiguïté : cette interprétation blafarde et hébétée est purement géniale. On dirait une Winterreise vue du paradis, chantée en flash-back. Hélas, elle est inscrite dans un cadre sonore réverbéré, qui conviendrait certes aux Motets de Lassus mais qui n’a rien à voir avec un récital de lieder. L’oreille humaine a beau s’habituer à tout, je me dois de vous recommander d’écouter des extraits en streaming avant tout achat pour voir si vous supportez l’ambiance. Entre 5 pour les musiciens et 0 pointé pour le preneur de son, la note est une moyenne.

 

Mark Pardmore chante Der Leiermann de Schubert

Winterreise

★★ 1/2
classique

Mark Padmore (ténor), Kristian Bezuidenhout (pianoforte), Harmonia Mundi 902 264.