Blake Pouliot, Sonates pour violon et piano de Ravel et Debussy, Hsin-I-Huang (piano)

La première apparition de Blake Pouliot à l’OSM, dont il a gagné le concours en 2016, nous avait littéralement renversé. Dans notre critique, nous lui avions attribué « le calibre d’un potentiel dauphin en devenir de James Ehnes ». Cette analogie refait surface à l’écoute de son premier disque. Amusant aussi de relire la phrase suivante : « Pour passer de l’admirable au renversant, il manque encore à mes oreilles un petit quelque chose que je suis bien en peine de définir. » Au concert, j’avais parlé d’harmoniques aiguës dans le son. Au disque, je dirais que c’est très proche de ce qu’on a entendu parfois de James Ehnes : une rectitude, une finition, une classe formidables, mais jamais déboutonnées ou canailles (1er mouvement de Ravel). Blake Pouliot, « gendre idéal » du violon, réussit un premier CD d’un raffinement extrême avec des nuances qui laissent pantois. Il est dommage que seulsTzigane de Ravel et Beau soir de Debussy augmentent le minutage, car un CD de 45 minutes risque de ne pas plus attirer les regards ailleurs qu’ici.

Écoutez Ravel: Sonata for Violin and Piano No. 3

Blake Pouliot

★★★★
Classique

Sonates pour violon et piano (Ravel, Debussy), Hsin-I-Huang (piano), Analekta AN 2 8798