The City of Bootmakers, L.A. Salami

Lookman Adekunle Salami, ou L.A. Salami sur scène, est un fascinant personnage. Musicien de la condition humaine, brillant parolier, philosophe-poète au réalisme railleur, il incarne et déclame ses textes plus qu’il ne les chante. Après deux EP et l’album Dancing with Bad Grammar (2016), le Britannique revient avec une exploration toujours aussi dense et frontale du monde un peu cassé d’aujourd’hui, marqué par le terrorisme et la quête de sens — politique comme individuel. « I’m ageless / But I’m out of time / I’m thoughtless / But I’ve got a lot on my mind », lâche-t-il sur Generation (L)ost, lucide. Mais le lyrisme brut de ses débuts poursuit sa mue : l’instrumentation est plus lourde, la tonalité majeure, le style joyeusement souple — jazz, folk, americana, pop-rock rétro. Si on se lasse parfois des mélodies, qui varient peu à l’oreille, il y a en revanche dans la prose engagée de L.A. Salami un optimisme qui rend sa peinture sociale semblable à une promesse : le Terre va de travers, mais ensemble, on finira par la remettre dans l’axe.

Écoutez Generation (L)ost

The City of Bootmakers

★★★ 1/2
Folk Rock

L.A. Salami, PIAS