L’OSM aura-t-il un chef en 2020?

Le chef d'orchestre Kent Nagano dirige l’orchestre depuis 2006.
Photo: Antoine Saito Le chef d'orchestre Kent Nagano dirige l’orchestre depuis 2006.

Le temps presse pour trouver un successeur à Kent Nagano. L’OSM aura-t-il un nouveau chef en 2020 ? « Ce serait étonnant qu’on identifie un candidat qui n’ait pas déjà des obligations contractuelles », avoue Madeleine Careau, chef de la direction de l’orchestre, au Devoir.

Les premières réunions du comité de sélection mis sur pied pour trouver un successeur à Kent Nagano à la tête de l’Orchestre symphonique de Montréal ont eu lieu, dont la dernière début mars à Montréal. Le conseil d’administration de l’orchestre, qui s’est tenu mercredi, a été informé de l’avancement des travaux.

La clé de l’échéancier tient dans une résolution : « La décision a été prise que le remplaçant de Kent Nagano doit diriger l’orchestre et rencontrer l’orchestre et le public à Montréal. »

Mais cette détermination se heurte à un problème : « En juin dernier, lorsque nous avons su que maestro Nagano n’allait pas au-delà de 2020, notre saison 2017-2018 était publiée et notre saison 2018-2019 déjà avancée », dit au Devoir Madeleine Careau, qui agit aussi comme porte-parole du comité de sélection.

Des invités

Aussi il ne faut pas s’aventurer à voir dans tous les chefs présents au pupitre la saison prochaine des candidats potentiels : « Michael Tilson Thomas et Christoph Eschenbach ne le sont pas », précise Madeleine Careau. « Ce n’est pas évident, avec une saison 2018-2019 déjà avancée et maestro Nagano avec nous pendant 14 semaines par année, de faire de la place à beaucoup de nouveaux chefs », dit-elle. L’hypothèse affleure alors vite que la saison 2019-2020 va être probablement nécessaire pour continuer à tester des chefs et que, donc, l’échéance de septembre 2020 ne sera pas tenue.

Certains noms qui seront au pupitre en 2019-2020, et dont Le Devoir a connaissance, laissent largement à penser que l’OSM ne s’attend pas a priori à avoir bouclé le processus à la fin de la saison prochaine.

Les noms existants

Madeleine Careau ne s’engage pas sur l’absolue nécessité de la saison 2019-2020 pour évaluer tous les candidats, rappelant notamment que « Kent Nagano était venu diriger en 1997 et les gens en avaient gardé un souvenir impérissable en 2002 ». Traduisons : la probabilité d’avoir un directeur musical au 1er septembre 2020 est mince, à moins de puiser dans le quatuor des excellents chefs déjà connus des musiciens (Vasily Petrenko, Juanjo Mena, Juraj Valcuha et Jakub Hrusa), panorama de prospects existants auquel on ajoutera peut-être James Conlon, s’il exprimait une envie pour le poste.

Il n’y a donc aucun échéancier pour la date de fin du travail du comité de sélection : « Le comité sort une première liste de noms. On vérifie qui serait d’accord et combien il en reste. Mais tant que nous n’aurons pas vu tous ces chefs à Montréal et tant qu’ils n’auront pas été évalués, le processus n’est pas fini. » En résumé : « Les travaux sont en cours et ne seront pas arrêtés tant qu’on n’arrivera pas à un diagnostic. Quand pourrons-nous poser ce diagnostic ? Là est la grande question ! »

Madeleine Careau rappelle qu’« après le départ de Charles Dutoit, en 2002, l’OSM a passé quatre ans sans directeur musical, car Kent Nagano n’était pas libre avant 2006. Ce n’est pas idéal, mais c’est beaucoup mieux que de passer 10 ans avec le mauvais chef. »

En fin d’entrevue, Madeleine Careau a voulu rectifier les propos de Kent Nagano sur l’utilisation de l’enveloppe de 7,5 millions de dollars de Québec rapportée dans Le Devoir du 21 mars dernier : « Cet argent n’a pas été donné pour le numérique, mais pour accomplir notre mission, c’est-à-dire être leader dans la communauté musicale, s’ancrer plus profondément dans la communauté, être préoccupé par la diversité. Cela peut passer par le numérique pour rejoindre un plus grand nombre de gens. Mais c’est pour en faire encore plus en termes d’initiatives communautaires et de programmes éducatifs. D’après ce que j’ai compris, les budgets numériques sont plutôt sous la houlette de madame Anglade et il n’est pas dit que nous n’allons pas nous inscrire dans ces initiatives que madame Anglade souhaite voir arriver. »