Whistle Down the Wind, Joan Baez

Ce voile dans la voix, ce registre retréci, ces mélodies servies plus bas, cette fragilité qu’on ne lui connaissait pas, moi, ça me plaît. Pour tout dire, ça m’atteint plus que la perfection presque intouchable de son chant d’antan. Il y a une telle tendresse dans cette proximité : Joan Baez a-t-elle été plus émouvante que dans ses relectures de Tom Waits (la chanson-titre et Last Leaf), de Zoe Mulford (l’essentielle The President Sang Amazing Grace), de Mary Chapin Carpenter (The Things that We Are Made Of) ? L’album est à la fois sombre et lumineux, secoue plus qu’il ne console. L’adaptation d’un poème de la Révolution américaine en témoigne : I Wish the Wars Were All Over, 440 ans plus tard, s’avère d’une pertinence presque désespérante. Alors que la « grande dame du folk » va quitter pour de bon la scène cette année — le spectacle du 17 septembre à la PdA sera à chérir —, l’idée que Joan Baez continue de tout affronter, y compris les limites de sa voix, donne du courage.

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Whistle Down the Wind

★★★★
Folk

Joan Baez, Proper Records