Historian, Lucy Dacus

Lucy Dacus a toujours cette mystérieuse aura. Cherchons : est-ce la belle voix solide un peu volatile, est-ce la lucidité à l’oeuvre, ou alors les mélodies comme une dentelle aux contours rêches ? À maintenant 22 ans, la musicienne américaine livre la suite des choses de sa vie depuis le coup de tonnerre de No Burden (2016). Historian est en cela très noir, plombé par l’échec amoureux, la mort et nos temps de désillusions. Mais si Lucy Dacus est capable de distorsions et de spirales rock cathartiques à la fin parfois brutale (Timefighter), une douceur ne la quitte jamais vraiment. Cuivres et cordes ajoutent du magnifique, comme sur Body to Flame, à une structure en cols et en vallées tracée à la guitare électrique. À son propre chevet, Lucy Dacus évalue ce qu’elle a connu et ce qui l’attend.« I am at peace with my death / I can go back to bed », lâche-t-elle sur Next of Kin. Avec ses histoires nuancées, patiemment ou urgemment déclinées, Lucy Dacus donne à la jeunesse une lumière qui nous manque, à tous. C’est honorable.

 

Lucy Dacus - Pillar of Truth

Historian

★★★★
Indie rock

Lucy Dacus, Matador