En France, une pétition circule contre le sacre d’Orelsan aux Victoires

Orelsan a tenté de faire oublier ses écarts de langage passés.
Photo: Thomas Samson Agence France-Presse Orelsan a tenté de faire oublier ses écarts de langage passés.

Une pétition a été lancée pour réclamer l’annulation des récompenses du rappeur français Orelsan aux Victoires de la musique, dénonçant le caractère dégradant d’anciennes chansons à l’égard des femmes.

Orelsan — Aurélien Cotentin de son vrai nom — a été, vendredi dernier, le grand gagnant des 33e Victoires de la musique, récompenses françaises décernées depuis 1985, avec trois trophées, dont celui d’artiste masculin de l’année.

Mais une pétition mise en ligne mardi sur le site Change, adressée à la ministre de la Culture Françoise Nyssen, rassemblait plus de 25 000 signatures mercredi.

« Nous appelons tous les mouvements défendant les droits des femmes, et toutes les associations des droits de l’homme, à s’insurger contre le résultat de cette soirée, et demandons l’annulation pure et simple des prix reçus par cet individu qui devrait être tout simplement censuré », dit la pétition.

Le texte rappelle notamment les paroles de la chanson Saint Valentin (2006) qui a valu au rappeur aujourd’hui âgé de 35 ans d’être jugé pour « provocation à la violence ». Il a été blanchi en 2016 au nom de la liberté d’expression.

« Mais ferme ta gueule ou tu vas t’faire Marie-Trintignier », disait notamment la chanson. L’actrice Marie Trintignant est morte en 2003 à Vilnius sous les coups de son compagnon, le chanteur Bertrand Cantat (condamné à huit ans de prison).

En 2009, Orelsan avait créé une autre polémique avec son titre Sale pute, qui tournait déjà sur des plateformes vidéo depuis 2006. Il y incarne un homme menaçant de violences son ex-petite amie qui l’a trompé. Le festival FrancoFolies de La Rochelle, dans l’ouest de la France, le déprogramme ; l’association Ni pute ni soumise le poursuit pour « provocation au crime ». Les accusations tombent en 2012.

« Mais quel exemple est-ce pour les jeunes ? s’insurge la pétition. Comment, dans une période comme celle que nous vivons, est-il seulement possible d’accepter ça ?… Non à la déchéance ! Non au mépris ! »

Depuis les titres controversés, Orelsan a tenté de faire oublier ses écarts de langage passés, sans jamais renier son style percutant et féroce.

Le rappeur peut d’ailleurs compter sur quelques soutiens puisqu’une contre-pétition a été lancée, sur le même site (change.org), s’intitulant « Annuler la pétition contre Orelsan ». Elle recueillait 324 signatures mercredi.