Disque: les solistes de l’OSM se distinguent

Les Solistes de l’OSM sont menés par le violoniste Andrew Wan.
Photo: Koralie Woodward Les Solistes de l’OSM sont menés par le violoniste Andrew Wan.

Comme dans la vaste majorité des orchestres symphoniques de la planète, des groupes de musique de chambre se forment à l’intérieur de l’OSM. Désormais, ils enregistrent des disques.

Diverses formations chambristes issues de l’OSM sont depuis plusieurs années des habituées de la salle Bourgie. Vendredi dernier, sept musiciens donnaient en fin d’après-midi un concert d’une heure révélant en préambule le très beau Trio op. 2 no 3 de Hyacinthe Jadin (1776-1800), dont le Quatuor Mosaïques avait enregistré en 1994 deux admirables quatuors (Op. 2 no 1 et Op. 3 no 1) sur étiquette Valois.

 
La pièce de résistance de ce concert était cependant le Septuor de Beethoven, qui fait l’objet du premier CD (Analekta) des Solistes de l’OSM (OSM Chamber Soloists en anglais), menés par le violoniste Andrew Wan. Outre les quatre chefs de pupitre des cordes, Andrew Wan, Neal Gripp (remplacé lors du concert de vendredi), Brian Manker et Ali Yazdanfar, la formation comprend le vétéran corniste John Zirbel, le bassoniste Stéphane Lévesque et le clarinettiste Todd Cope.

La captation sonore de Carl Talbot et Christopher Johns équilibre parfaitement les sources sonores, avec un placement optimal, notamment en ce qui concerne la clarinette, un peu dominante en bord de rangée à Bourgie. Comme, en plus, le disque nous épargne tout applaudissement intempestif et incongru, le confort que procure cette parution est remarquable. Il s’agit d’ailleurs — et haut la main — de l’une des plus belles prises de son de Carl Talbot, la salle Pierre-Mercure conférant à l’ensemble une aération parfaite et une précision remarquable.

La vraie joie de jouer et la complicité étaient palpables sur scène, tout comme la qualité intrinsèque des protagonistes. Tout cela se retrouve préservé au disque, tant et si bien qu’après un tour d’horizon discographique (Nash Ensemble, Academy of St. Martin in the Fields, Ludwig Players…), il ne se trouve guère que le Gaudier Ensemble (Hyperion) pour rivaliser principalement avec les Montréalais, ces derniers plus concertants, face à des Anglais plus feutrés, fruités et chambristes.

Le complément, une truculente adaptation de Till l’espiègle de Strauss, porte le minutage à 48 minutes, ce qui est, hélas, un peu chiche pour un CD.

Beethoven/Strauss

Septuor opus 20. Till Eulenspiegel einmal anders!. Les Solistes de l’OSM. Analekta AN 2 8788.

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