Messe basse pour enjeux bouillants

C’est le rassemblement autour de l’avenir des petits lieux de diffusion qui retient l’attention, en raison, entre autres, de la récente annonce de fermeture du Divan orange.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir C’est le rassemblement autour de l’avenir des petits lieux de diffusion qui retient l’attention, en raison, entre autres, de la récente annonce de fermeture du Divan orange.

Alors qu’en haute ville de Québec s’ébranlera l’incontournable événement Rideau, haut lieu des diffuseurs culturels de la province, la billetterie Lepointdevente.com organise du 12 au 14 février à différentes adresses du quartier Saint-Roch quatre discussions sur des enjeux actuels de la scène musicale alternative, à commencer par la survie des petites salles de spectacle.

Peut-être par douce humilité, l’événement s’intitule joliment Messe basse, et est porté par un des associés chez Lepointdevente.com, Yannick Cimon-Mattar, qui navigue depuis déjà longtemps dans le monde du spectacle dans la capitale nationale.

À coups de tables rondes gratuites et ouvertes au public — voire diffusées sur la page Facebook de la billetterie —, Messe basse abordera différents défis du moment dans les sphères musicales d’ici. On retrouve dans la programmation un panel sur les défis des métiers de représentation en musique à l’heure du Web, une autre discussion se penchera sur différentes façons pour les artistes de générer des revenus alors qu’on abordera aussi le monde des petits festivals en croissance.

Mais c’est le rassemblement autour de l’avenir des petits lieux de diffusion qui retient l’attention, en raison des récentes annonces de fermeture du Divan orange à Montréal et du Cercle à Québec.

« Le panel était déjà prévu avant ça, mais c’était censé servir à exposer les bons coups qui avaient été faits, explique Yannick Cimon-Mattar. Maintenant, on se dirige plutôt vers une table de discussion où on essaiera de voir les actions à mener pour faciliter la survie de ces lieux-là. »

Lui-même a cofondé une salle éphémère à Québec, L’Union commerciale, qui a vécu six mois. « Ces six mois-là m’ont fait comprendre que la gestion d’un lieu de diffusion, ce n’est vraiment pas facile, et c’est encore moins facile à long terme parce qu’il fait que tu gardes l’intérêt. Celui de l’industrie, si tu veux qu’elle vienne se produire chez toi, et celui du public, qui doit venir, revenir et s’amuser. »

Cimon-Mattar croit que le danger qui entoure la situation des petites salles est criant, mais il estime aussi que beaucoup peut être fait à l’interne, sans aide extérieure de l’État, par exemple. « Est-ce que ce serait intéressant de se regrouper pour couper dans des coûts d’assurance ou de frais de cartes de crédit ? Est-ce qu’il pourrait exister un fond commun pour aider des projets spécifiques ? C’est à explorer. »

Les différents ateliers de Messe basse ont d’ailleurs lieu dans de petits commerces de Saint-Roch, en basse ville, comme L’Anti ou le Deux22.

« Regarde, c’est pas compliqué, t’en auras pas des Klô Pelgag pour jouer au Grand Théâtre de Québec si t’as pas des salles comme Le Cercle. C’est la terre dans ton jardin ! Si tu veux de beaux légumes en santé, ça prend un sol de qualité. »

Nouvelle formule

Messe basse, qui se fait en collaboration avec Le Phoque OFF — la fête tardive de Rideau —, est née de la mutation des simples « 5 à 7 » organisés dans les dernières années par Lepointdevente.com. Des « 5 à 7 » qui étanchaient la soif de Yannick Cimon-Mattar, mais qui le laissaient un peu sur sa faim.

« On sert des mains, on fait des contacts, mais ça ne laisse rien de tangible aux gens qui participent, résume-t-il. Alors on a plutôt mis l’argent pour créer une programmation qui va intéresser des acteurs de la scène principalement underground à venir à Québec, profiter de toute cette effervescence autour de Rideau et développer des liens, apprendre des choses, mettre en commun des connaissances, finalement. » Dans l’espoir, pourquoi pas, que Messe basse devienne Grand-messe.