Les différentes couleurs de Julien Mineau

Julien Mineau sur la scène du Théâtre Maisonneuve, en 2014
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Julien Mineau sur la scène du Théâtre Maisonneuve, en 2014

Les univers sonores complexes, mystérieux et synthétiques de Julien Mineau ne prennent peut-être plus le canal de son groupe Malajube, encore en dormance, mais le musicien ne chôme pas. Alors que paraît sa trame sonore du film Game of Death, Mineau enrobe en ce moment le spectacle de cirque et de multimédias Temporel, présenté à la cinquième salle de la Place des Arts.

C’est d’ailleurs cette oeuvre du tandem Michel Lemieux-Victor Pilon et des 7 doigts de la main qui l’occupe pas mal ces jours-ci, explique au téléphone celui qui mène aussi son projet solo Fontarabie. La musique n’était-elle pas déjà faite en amont ? « Oui, ce sont des pistes enregistrées, mais c’est juste qu’il y a des modifications encore. Le spectacle roule depuis deux semaines et, chaque jour, les scènes évoluent, ils coupent ici et là, ce n’est pas final. J’ai découvert que, dans un spectacle comme ça, ce n’est pas figé. Mais c’est le fun ! »

C’est justement l’imprévu, le danger et l’apprentissage que Julien Mineau apprécie dans l’expérience de Temporel. Dans le son, l’esprit déjà un brin circassien de Fontarabie trouve un certain écho dans le spectacle, mais sinon, il a dû explorer dans les instruments, avec des styles « qui ne sont pas dans [ses] cordes ». Il s’est permis quelques moments plus exploratoires, sans trop forcer, précise-t-il. « Je ne pouvais pas trop aller là, c’est un show pour tous. »

La mort vous va si bien

Par contre, pour la création de la musique de Game of Death, Julien Mineau s’est retrouvé davantage en terrain connu. Le film d’horreur sanglant aux airs de pastiche du duo Laurence « Baz » Morais et Sébastien Landry s’accordait vraiment bien avec ce que le musicien fait d’emblée.

« Je ne les connaissais pas personnellement, mais je savais qu’ils avaient fait des clips, explique Mineau. Ils m’ont envoyé un scénario et, tout de suite, je leur ai envoyé une quinzaine de tounes. Ils en ont pris la moitié, et ils les mettaient même en tournant le film. Après, je les ai modifiées et développées, mais ça partait de maquettes que j’avais déjà. Ç’a bien connecté pour ce film-là, on était sur la même longueur d’onde. »

La bande originale de Game of Death est faite de 18 titres, allant du court pont musical à la pièce autonome de deux ou trois minutes. Il y a un peu de lumière ici et là, mais l’esprit est à la tension, et les claviers rétrofuturistes sont rois et maîtres.

« Je n’ai pas vraiment écouté d’autres choses pour m’inspirer, mais on m’a dit que ça sonne pas mal comme du John Carpenter, c’est clair », dit Mineau, en référence au réalisateur et musicien d’Halloween, de The Thing et de Christine.

Sans les chansons

Chose certaine, le travail pour d’autres et surtout la création musicale en dehors du monde de la chanson inspirent Julien Mineau. « J’aime vraiment la musique à l’image, c’est vraiment le fun, c’est ce que j’aime le plus faire, je pense. »

Depuis 2012, celui qui écrivait les paroles de Malajube a« comme un blanc » avec les textes. « J’avais fait le tour un peu, j’avais besoin d’une pause de chanson. »

Mineau a l’impression que « puncher une image est plus fort que de puncher la poésie. La symbiose se fait mieux, c’est moins direct comme idée ».

Alors, on devra encore patienter pour un retour de Malajube, qui avait lui-même soufflé sur les braises en 2015 en livrant deux nouvelles chansons lors du festival La Grosse Lanterne ?

« Je ne fais pas de croix là-dessus, mais le temps passe vraiment vite, avoue-t-il. On est toujours trop occupés, chacun fait quelque chose de son bord, il y a des gars qui ont des enfants… On va revenir quand je vais avoir le feu sacré pour la chanson qui va revenir. Pour l’instant, je ne l’ai pas. »

Temporel

À la Cinquième Salle de la Place des arts, jusqu’au 27 janvier