Brutalism, Idles

Entendez-vous les clochettes de la fin d’année qui sonnent de plus en plus fort, annonçant le joyeux temps des listes de meilleurs albums et autres rituels de hiérarchisation culturelle ? C’est le moment d’une petite rétrospective des perles d’albums qui auraient pu être éclipsées par les grosses météorites. Ainsi, voici Brutalism, le premier disque du quintette bristolien Idles, paru en mars. Le groupe crache un mur de son compact et éreintant, juste et puissant, harangue libertaire qui tire sur la droite conservatrice, les conventions de fausse moralité ou l’ennui banlieusard. Avec en plus des clins d’oeil à Francis Bacon, à Margaret Atwood ou aux Beatles. Pince-sans-rire, agressif, réfléchi, Brutalism est un coup au plexus solaire, qui guérit autant qu’il assomme. Les guitares n’y cessent de faire jaillir leur cri, crasse et métallique, froid et gris comme le « UK ». Et cette voix ! On la croirait sortie tout droit du Londres de 1977. Bref, les Anglais sont toujours fâchés. Ça fait du bien.

Écoutez Mother

Brutalism

★★★★
Punk

Idles, Balley Records