Christoph Campestrini, conteur jovial et enthousiaste

La ferveur communicative du chef autrichien Christoph Campestrini fait beaucoup pour donner du coeur à l’ouvrage.
Photo: François Goupil La ferveur communicative du chef autrichien Christoph Campestrini fait beaucoup pour donner du coeur à l’ouvrage.

Passer de la Philharmonie de Paris à l’église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs de Verdun n’avait pas érodé l’enthousiasme des musiciens de l’Orchestre Métropolitain. Il faut dire que la ferveur communicative du chef autrichien Christoph Campestrini fait beaucoup pour donner du coeur à l’ouvrage et de l’élan à l’ensemble.

Le programme, qui sera présenté ce jeudi soir à la Maison symphonique de Montréal et deux autres fois en arrondissement, est donc très favorablement recommandé. Tout d’abord, il est bien composé, avec une première moitié russe et une seconde germanique. De la musique très abordable et agréable.

Campestrini empoigne La Belle au bois dormant avec ardeur, au point de faire applaudir le Pas d’action (2e volet). Son Tchaïkovski est tonique, fluide et pas grandiloquent. S’ensuit une excellente prestation de Serhiy Salov, très à l’aise dans la différenciation entre la tonicité rythmique des volets 1 et 3 et la douce mélancolie du volet central du 2e Concerto de Chostakovitch. Salov gère cela avec netteté et sans condescendance, bien accompagné par l’orchestre. La balance sera plus facile à la Maison symphonique qu’à l’église de Verdun, également hantée par d’inhabituels bruits extérieurs pendant ce concerto.

La seconde partie du concert, encore plus enthousiasmante, montre que Campestrini serait un bon client pour défendre un jour un programme purement viennois. Il s’amuse jusqu’à la caricature des intrusions aviaires d’Im Krapfenwald'l et différencie très nettement les épisodes d’un Baron tzigane au fort accent hongrois.

On espère que le chef autrichien utilisera l’acoustique de la Maison symphonique pour faire encore plus confiance à la capacité du Métropolitain de générer des pianissimos impalpables mimant le bruissement des ailes transparentes des libellules dans la polka-mazurka Die Libelle de Josef Strauss.

Le concert s’achève sur une suite tirée de Hänsel und Gretel, le classique de Noël des pays germaniques. Le concentré musical nous montre bien le traitement musical en leitmotive hérité de Wagner et attirera l’attention sur la beauté absolue d’une oeuvre trop peu connue ici.

Contes d’hiver

Tchaikovski : La Belle au bois dormant, suite op. 66a. Chostakovitch : Concerto pour piano no 2. J. Strauss fils : Le Baron tzigane (ouverture). Im Krapfenwald'l. Josef Strauss : Die Libelle. Humperdinck : Hänsel und Gretel suite. Serhiy Salov (piano), Orchestre Métropolitain, Christoph Campestrini. Verdun, mercredi 13 décembre 2017. Reprise ce soir à la Maison symphonique de Montréal, vendredi à Pierrefonds-Roxboro et samedi à Saint-Léonard.

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