Eternamente. Angela Gheorghiu chante des airs d’opéra de Mascagni, Leoncavallo, Giordano, etc. Prague Philharmonia, Emmanuel Villaume

Alors qu’Anna Netrebko se fend d’un disque de bluettes avec son ténor de mari (Romanza, à éviter au point où DG n’ose même pas y apposer son logo !), Angela Gheorghiu, après un long silence au disque suivant sa tumultueuse séparation d’avec Roberto Alagna, se frotte au répertoire vériste dans un CD incluant, comme un baroud d’honneur, Vissi d’arte de Tosca et l’air de La rondine de Puccini. À 52 ans, on sent la voix prête à d’autres défis. D’emblée, la noirceur et la largeur de sa Santuzza (Cavalleria rusticana) laissent apparaître ce chemin tracé dans un entretien récent avec Opéra Magazine vers les rôles de Desdémone (Otello) et d’Elisabetta (Don Carlo), par exemple. On n’achètera donc pas ce CD pour y trouver le plus sublime Vissi d’arte de Gheorghiu (c’était il y a 10 ans), mais parce que cette femme de trempe à la croisée des chemins reste une de nos grandes chanteuses.

Eternamente

★★★ 1/2
Opéra

Angela Gheorghiu. Prague Philharmonia, Emmanuel Villaume. Warner 01902957800241.