Un festival comme un calendrier de l’avent

Mara Tremblay ouvrira le bal ce vendredi.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Mara Tremblay ouvrira le bal ce vendredi.

On en est au vingt-quatrième Noël dans le parc. Vraiment ? Vraiment. C’est comme si on rendait compte seulement maintenant de l’ampleur de l’événement. Mazette ! Quelque 120 spectacles et animations, une programmation étalée sur 25 jours et présentée dans trois parcs, après-midis et soirées : en durée, c’est deux fois les FrancoFolies, bout à bout. Un festival bonifié d’un festival, en quelque sorte. La programmatrice Tammy Hurteau s’amuse de mon étonnement : « Ça peut pas être moins, ça suit le calendrier de l’avent, du 1er décembre à Noël. Mais à la place des chocolats, on a des spectacles et des activités ! » Elle ajoute : « J’aime dire ça, mais la vérité, c’est que le festival grossit, on a ajouté une semaine cette année… »

Précisons : Noël dans le parc n’a pas toujours été le festival Noël dans le parc. En 1994, le regretté Reynald Bouchard avait conçu pour l’Auguste Théâtre un spectacle qui alliait les arts de la scène dans une grande « cabane magique » en bois rond au beau milieu du parc Lahaie. L’événement devint L’Avènement, et puis Noël dans le parc en 2004. On peut parler d’un festival — encore modeste — à partir de 2010. « Pour le public, c’est vraiment depuis deux ans, depuis l’arrivée dans le Quartier des spectacles, à la place Émilie-Gamelin, que ça se vit comme un gros festival… » À savoir, la palette complète : têtes d’affiche, artistes connus et méconnus, et un bon nombre d’émergents en cours d’émergence. Ça démarre ce vendredi avec Mara Tremblay en ouverture, avant La Bronze et Valaire ce 1er décembre place Émilie-Gamelin. Et tous les jours d’ensuite (sauf les lundis de répit), les artistes les plus variés se succéderont, le plus souvent en blocs thématiques : soirée rap, soirée de poésie, soirée rock, soirées découvertes proposées par la radio communautaire CISM, et ainsi de suite.

Festif sans obligation

« C’est festif, par définition, mais pas forcément. Les artistes de chanson peuvent inclure ici et là une chanson ou deux chansons à thématique de Noël dans leur répertoire, c’est souvent ce qu’ils font, mais ce n’est pas dans le contrat. Il y a vraiment une volonté de varier les ambiances, du folk intime jusqu’à la “drag night” du vendredi 8 décembre, un spectacle de Noël créé spécialement pour le festival. » Plus Noël approchera, plus la programmation sera de circonstance. « C’est en fin de festival qu’on a regroupé les chorales, les formations a cappella, mais c’est quand même le 22 décembre qu’a lieu la soirée rap-soul-hip-hop avec Brown, Eman X Vlooper et Rednext Level. »

Comprenez : Noël, de nos jours, ce n’est plus seulement Le p’tit renne au nez rouge. Et le temps des Fêtes n’est plus le seul moment de l’année où l’on ressort les groupes trad. « C’est certain qu’il y en a plusieurs dans la programmation, mais on a essayé de les présenter en alternance avec des groupes d’autres genres musicaux. » Ainsi, le groupe Les coureurs des bois se produira le même 16 décembre au même parc des Compagnons de Saint-Laurent que le groupe funk-jazz Razalaz.

Noël dans le parc, ce sera tout autant Louis-Jean Cormier que WD-40, Caracol, Queen Kâ, notre Pag national, Mélanie Venditti, Kroy, Damien Robitaille, Les Pourquoi 2 (avec Benoît Archambault), Les Fées de Noël, Caroline Savoie, Shash’u et Cindy Bédard, pour ne nommer que ceux et celles-là. « L’esprit du tout début est encore là, insiste Tammy Hurteau. On s’adresse à tout le monde. Il y a la “carriole contes et légendes” qui va se promener, la marche aux flambeaux, des animations toute la journée : le festival Noël dans le parc, c’est des gens qui sortent dehors, qui bougent et se retrouvent. C’est ça pour moi, l’esprit de Noël. »

Daniel Bélanger des Bois

Les rendez-vous de décembre ne manquent pas, le festival Noël dans le parc en fait foi, mais c’est encore à l’église Saint-Jean-Baptiste que l’on voudra impérativement être le mercredi 6 décembre. Le restau communautaire Le Robin des Bois et la Caisse Desjardins du Plateau y présentent leur spectacle-bénéfice annuel : après l’extraordinaire rencontre entre Martin Léon et Louis-Jean Cormier l’an dernier, fallait viser haut. C’est Daniel Bélanger qui s’y colle et qui, à son tour, réinventera son spectacle en fonction du majestueux lieu. Un don volontaire est souhaité : ça commence à 20 h et la file sera très, très, très longue.