Whitehorse au Petit Campus: dans leurs bottes

Le duo Whitehorse, composé de Luke Doucet et de Melissa McClelland
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le duo Whitehorse, composé de Luke Doucet et de Melissa McClelland

Enfin, la place leur appartenait. Ni première partie au Métropolis, ni portion de festival sur une scène extérieure. Peut-être petit, ce Petit Campus, mais à leur entière disposition. À quelqu’un d’autre d’assurer la première partie (Terra Lightfoot, en l’occurrence). Modeste lieu, mais rempli à ras bord. Leur monde. Leur ambiance. Leur spectacle complet. Pour la première fois à Montréal, le duo Whitehorse n’avait pas à s’adapter.

Melissa McClelland et Luke Doucet n’avaient pas non plus à réduire leur proposition au minimum : pas de générateur de boucle pour la basse et les percussions, pas de programmation. Un vrai de vrai groupe d’accompagnement, bien soudé, très rock, trio basse-guitare-claviers en plus des tourtereaux. La vraie affaire. Bien sûr qu’à deux, ils se suffisent. Bien sûr qu’ils peuvent faire leur effet en toutes circonstances. Mais c’était bien, pour un soir, qu’une salle pleine venue pour eux profite de leur menu complet.

Pas de chichi

Ça paraissait dans leur façon de se présenter : sobrement. Elle et lui, tout de noir vêtus. Pas de chichi, pas de look spectaculaire pour séduire les spectateurs là par hasard. Personne n’était au Petit Campus par hasard ce mercredi soir. Ces gens connaissaient le répertoire, y compris les récents titres de l’album Panther in the Dollhouse : la dure et belle Die Alone, tout particulièrement, a été accueillie comme une amie de longue date. Nous l’avons intégré, leur répertoire. Qu’ils reviennent au dangereux Downtown de l’album Leave No Bridge Unburned, ou leur version quasi hypnotique de la Nadine de Chuck Berry (« un homme très compliqué, pas vraiment charmant », a commenté Luke), on était en terrain familier.

Le rappel, la formidable Tame As the Wild Ones (ah, ces harmonies !), était une sorte de récompense : leur plus emblématique chanson, celle qu’ils ont jouée à chaque passage en ville, symbole de leur persistance, de cette volonté de vaincre tôt au tard selon leurs propres termes. On aura aussi obtenu Ohio, la chanson de Crosby, Stills, Nash et Young, celle-là même que David Crosby, à la salle Maisonneuve le 10 novembre dernier, devait jouer pour SON rappel. Il n’est jamais revenu, le moustachu, il n’y a pas eu de rappel. Ce mercredi au Petit Campus, la version était immense, brutale et magnifique. Et plus pertinente que jamais. Il y a une justice : merci à Luke et Melissa de porter le flambeau.

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