Le Poème harmonique raccourcit le temps

Le spectacle tient véritablement sur les épaules de la chanteuse Isabelle Druet, parfaite, tant en expression qu’en volume et en inflexions.
Photo: Matthew Murphy Le spectacle tient véritablement sur les épaules de la chanteuse Isabelle Druet, parfaite, tant en expression qu’en volume et en inflexions.

Rarement un concert m’aura paru aussi court. Jamais un automne musical à Montréal n’a concentré autant d’événements musicaux quasiment parfaits, ou, du moins, touchés par une forme de grâce.

Personne ne pourra nous reprocher de ne pas vous avoir prévenus : la soirée du Poème harmonique, consacrée à Luis de Briceno et à quelques-uns de ses pairs, allait probablement être un grand moment. Elle le fut, au niveau de notre rencontre musicale avec L’Arpeggiata et Christina Pluhar, il y a un mois.

Ce qui frappe dans le programme Danza !, donné sans entracte, c’est le soin des transitions, très discrètement menées par Dumestre à la guitare. Il y a aussi la concentration et une intelligente dramaturgie musicale, qui détendent l’atmosphère après des pièces plus réflexives.

Le spectacle, que les mélomanes de Québec ne doivent pas manquer ce soir, tient véritablement sur les épaules de la chanteuse Isabelle Druet, parfaite, tant en expression qu’en volume et en inflexions. Elle vit avec intensité les mélodies reconstituées de ces chansons populaires de jadis.

Il en va ainsi avec Dumestre et ses musiciens, jusque dans les bis — un chant séfarade et un fado baroque : rien n’est laissé au hasard, mais tout semble recréé dans l’instant. C’est cela, le grand art. Surtout lorsque ce que l’on recrée est vieux de quatre siècles !

Danza !

Oeuvres de Luis de Briceno, Antonio Martin y Coll, Pedro Calderon de La Barca, Henry Le Bailly, Étienne Moulinié et Francisco Berxes. Isabelle Druet (mezzo-soprano), Le Poème harmonique, Vincent Dumestre. Salle Bourgie, mardi 7 novembre. Reprise ce soir au Palais Montcalm à Québec.