ADISQ: Klô Pelgag, des longueurs d’avance et encore du souffle

Le disque «L’étoile thoracique» de Klô Pelgag est consacré «album de l’année — alternatif» et «album de l’année — choix de la critique».
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Le disque «L’étoile thoracique» de Klô Pelgag est consacré «album de l’année — alternatif» et «album de l’année — choix de la critique».

À elle le tour. Dans tous les sens du mot. Alors que sa tournée « thoracique » se poursuit — et ravit —, Klô Pelgag continue de récolter récompenses et accolades, d’un continent à l’autre. Depuis 2014 et le « coup de coeur » de l’Académie Charles Cros, ça ne cesse de s’accumuler.

Voilà qu’aux galas complémentaires de l’ADISQ, présentés jeudi à la SAT (le gala de l’industrie) et au MTelus (le « premier gala »), trois Félix s’ajoutent. Et viennent prendre leur place sur le manteau de cheminée, aux côtés du prix Rapsat-Lelièvre, du prix Félix-Leclerc, du prix de la chanson SOCAN pour Les ferrofluides-fleurs, pour ne nommer que les plus récents. Le disque L’étoile thoracique de l’inclassable auteure-compositrice est ainsi consacré « album de l’année — alternatif » et « album de l’année — choix de la critique ». En corollaire, le Félix du réalisateur de l’année échoit à Sylvain Deschamps, pour le même disque décidément plébiscité.

On saura dimanche, à la grande bringue iciradiocanadienne de l’ADISQ, si l’irrépressible Klô — Chloé Pelletier-Gagnon, au civil — sera couronnée dans les autres catégories majeures où elle est pressentie. La critique l’a déjà préférée à Daniel Bélanger, ce n’est pas peu dire : Klô et Daniel se lançaient dans la course avec le même nombre de nominations (onze). Stéphane Grimm, le sonorisateur du spectacle de l’album Paloma de Bélanger, a remporté le Félix jeudi au gala de l’industrie. Klô a donc des longueurs d’avance, et la cage thoracique pleine de souffle, mais la partie reste à finir.

Feu Leonard à l’honneur

Il ne faisait aucun doute, cependant, que le très regretté Leonard Cohen allait être à l’honneur, et pas seulement par un segment hommage ce dimanche : le Félix de « l’artiste québécois s’étant le plus illustré hors Québec » lui revenait évidemment, de la même façon que son album-testament You Want It Darker allait se distinguer parmi les autres productions anglophones. Que le groupe Half Moon Run reparte avec le Félix du meilleur spectacle anglo allait presque autant de soi (et il ne s’agissait même pas de leur exceptionnelle soirée symphonique).

Qu’a-t-on remarqué aussi ? Que certains albums se distinguent par des collaborateurs de premier niveau. Le Félix a salué les arrangements, la prise de son et le mixage de l’album Windigo d’Alexandre Désilets, ainsi que la pochette de l’album Les frères cueilleurs d’Alaclair Ensemble et le vidéoclip de leur chanson Ça qu’c’tait. Pareillement, le triplé de la boîte Bonsound (équipe de relations de presse, maison de disques, maison de gérance) est remarquable, coiffant au fil d’arrivée les vétérans d’Audiogram et de Spectra Musique (deux Félix chacun).

Sinon, c’est la diversité qui gagne, comme d’habitude, à l’ADISQ : un Félix partout. Ont été appelés au podium les Safia Nolin (album de l’année — réinterprétations), Avec pas d’casque (folk), Chocolat (rock), Andrea Lindsay (jazz), Samito (musiques du monde), André Gagnon (instrumental), Sylvain Garneau (country), Angèle Dubeau La Pietà (classique — orchestre et grand ensemble), Charles Richard-Hamelin (classique — soliste et petit ensemble), Yves Lambert (trad), et l’incontournable Céline Dion (meilleur vendeur). Plus il y a de genres, plus il y a de gagnants.

Vous trouverez la liste complète des lauréats sur le site Web de l’ADISQ, mais je m’en voudrais de ne pas signaler deux victoires particulièrement significatives : pour la salle Albert-Dumouchel de Valleyfield, pour Le Patriote de Sainte-Agathe, le Félix obtenu vient rappeler l’importance cruciale des lieux de diffusion de spectacles en région.

Il reste donc 11 statuettes à distribuer dimanche. L’année Klô Pelgag ? Une autre année Daniel Bélanger ? Quoi qu’il arrive, sur sa lancée en Europe comme ici, Klô ne peut plus perdre.