Vallée d’argent, Sarah Bourdon

L’intro instrumentale nouvelâgeuse — intitulée Silence… — se veut invitante, mais l’effet produit est contraire : ça rebute. La voix de la chanteuse dans la chanson-titre se veut plaintive et envoûtante : mais non, ça se lamente et ça lasse. Mal parti, ce disque ? Ainsi démarre Healing : « Choisir de vivre dans sa propre vérité / Au détriment des airs de l’extériorité ». Première ligne d’États nuisibles : « Contenir les non-dits ». Du psycho-pop à ce point maladroit, ça désarme : le livret m’en tombe des mains. Les airs qui soutiennent ces mots pesants ajoutent aux maniérismes du verbe des maniérismes vocaux. Pire : des sparages. Ça groove quand même par moments, gracieuseté de musiciens ne sachant pas jouer autrement, dont l’excellent François Lafontaine aux claviers fous. Mais ça ne suffit pas à tromper l’ennui distillé ici comme s’il s’agissait d’un art minimaliste. On n’écrirait rien si c’était le premier album. Au troisième, il faut quand même le dire : non merci.

 

Sarah Bourdon - Vallée d'argent

Vallée d’argent

Chanson

Sarah Bourdon, Audiogram

1 commentaire
  • Luc Marchessault - Inscrit 29 septembre 2017 13 h 05

    J’ai écouté cet album deux fois. Les textes comportent, en effet, des maladresses souvent imputables au désir de consonance. Agacement que transcende amplement le résultat d’ensemble, que je qualifierais de pop réconfortante. À l’échelle des parutions pop québécoises d’aujourd’hui, ça se situe dans la moyenne, à mon sens. Très loin du naufrage relaté ci-dessus.