La Fondation du Conservatoire souhaite «donner un élan aux talents»

Alice Mariette Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Afin de donner un nouveau souffle à sa participation au rayonnement de la relève culturelle, la Fondation du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec lance une grande campagne de financement.

Avec cette campagne, la Fondation vise à recueillir 4 millions de dollars sur cinq ans. Les fonds amassés permettront d’accroître le soutien financier offert aux élèves, de contribuer à l’enrichissement de la pédagogie et à faire de la sensibilisation. « Nous sommes là pour aider les étudiants, du début à la fin de leur parcours, jusqu’à leur éclosion, le lancement de leur carrière », note Lucie Leclerc, présidente du conseil d’administration de la Fondation. Pour soutenir ces artistes de demain, la Fondation offre, entre autres, des bourses, organise des classes de maître, produit des représentations ou encore participe à l’éveil artistique des jeunes, en proposant des ateliers de musique dans les écoles.

« Nous donnons un souffle aux élèves », ajoute Mme Leclerc, qui confie être particulièrement fière des carrières que la Fondation aide à lancer, mentionnant celles de Lysandre Ménard et d’Andrei Feher. Diplômée en piano et musique de chambre, Lysandre Ménard — interprète d’Alice, dans le film La passion d’Augustine, de Léa Pool — a reçu cette année une bourse de 10 000 $ pour réaliser son projet d’étudier à la prestigieuse Music Royal Academy de Londres. Andrei Feher, diplômé en direction d’orchestre en 2014, avait lui aussi obtenu une bourse lui permettant de participer à des concours et qui l’a aidé à s’installer en France après avoir été nommé assistant-chef à l’Orchestre de Paris. Il est aujourd’hui directeur musical de l’Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo.

Assurer la relève

Un des enjeux de la campagne est aussi de démontrer l’importance du Conservatoire. « Il y a quatre ans, nous avons failli fermer les conservatoires en région, se souvient Mme Leclerc. Si on perd des établissements d’enseignement musical, on perd la possibilité de former les grands talents, car ils sont partout au Québec, pas uniquement à Montréal et à Québec. » Cette menace de fermeture est un des éléments ayant donné l’impulsion à la grande campagne.

Aujourd’hui présidente-directrice générale du BIP (Bureau d’intervieweurs professionnels), Lucie Leclerc est aussi une diplômée du Conservatoire. Admise à l’âge de neuf ans, elle y a étudié pendant dix ans avant de bifurquer dans le monde des affaires. Elle mentionne notamment l’exigence de l’enseignement, le comparant à un entraînement de sport de haut niveau. « C’est pourquoi il faut permettre aux élèves d’étudier dans les meilleures conditions, explique-t-elle. Le Conservatoire est une pépinière de talents et non de rang social, la Fondation vient soutenir cette accessibilité-là. »

Des bénévoles passionnés

Au sein du CA de la Fondation, elle n’est pas la seule à s’être assise sur les bancs de cette école prestigieuse. Monique Leroux, notamment présidente de l’Alliance coopérative internationale et membre du quatuor d’honneur de la campagne de financement, est elle aussi une diplômée. « Le Conservatoire est, pour moi, une partie importante de ma vie, raconte-t-elle. Il m’a donné une ouverture à la culture et à la musique. » Elle estime qu’il ne s’agit pas pour elle d’un détour dans sa carrière, mais bien d’un investissement « de l’esprit et de l’âme ».

Les membres du CA n’ayant pas étudié au Conservatoire n’en restent pas moins des passionnés de l’art, à l’instar de Nathalie Larue, coprésidente de la campagne et première vice-présidente stratégie, marketing mouvement et services aux particuliers, chez Desjardins. « Desjardins contribue à façonner et à faire rayonner nos artistes, lance-t-elle. À leur tour, ils pourront nous offrir des souvenirs durables, des découvertes étonnantes et des moments inspirants en partageant la richesse qui les habite. » Même son de cloche du côté de Michèle Boisvert, première vice-présidente, rayonnement des affaires, à la Caisse de dépôt et placement du Québec et coprésidente de la campagne. « Je crois profondément au travail de la Fondation, dont la mission est au carrefour de trois grands axes de la politique philanthropique de la Caisse : la culture, la relève et l’éducation », commente-t-elle. La grande campagne permettra de pérenniser les actions de la Fondation.