A Song for Every Moon, Bruno Major

Une atmosphère langoureuse uniforme imbibe A Song for Every Moon, premier album du Londonien Bruno Major, dont le statut de crooner contemporain ne fait ici aucun doute. Composés et partagés à raison d’un par mois pendant un an, sous la pression et du temps et de l’émotion, ces 12 ballons d’essai réunis en un seul sont d’une séduisante cohésion. On sait où le vent nous mène : en lenteurs, en tombés. Le musicien, frère de Dot (London Grammar), est au confluent de genres qu’il maille avec un lustre mat, du soul au R’n’B, d’un léger folk à un souffle jazz — fort bien mené sur Like Someone in Love. Voilà de l’amour tourné et retourné dans une bouche sensuelle au coffre rond et puissant, néanmoins jamais surjoué. Oui, le format tombe parfois dans une ornière, un certain déjà-vu. Mais quand l’univers de Major — à la fois électronique (claviers, percussions synthétiques) et acoustique (guitares, piano) — se laisse être imprévisible et libre, là se mesure son talent. On se dit : tout commence.

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A Song for Every Moon

★★★ 1/2
Indie soul

Bruno Major, Indépendant