La météo a causé quelques casse-tête au premier jour d’Osheaga

La pluie a mêlé les morceaux d’une journée tout sauf prévisible à Osheaga vendredi.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La pluie a mêlé les morceaux d’une journée tout sauf prévisible à Osheaga vendredi.

Une édition comme les autres, cet Osheaga 2017 ? Déjà, l’événement musical s’annonçait hors des sentiers habituels, car toute la production déménageait du parc Jean-Drapeau en raison de travaux d’aménagement. Le nouveau site ? L’île Notre-Dame, voisine, « une géographie complètement différente », admettait l’organisation. Et en plus du casse-tête logistique, vendredi, la pluie a mêlé un peu plus les morceaux d’une journée tout sauf prévisible, qui s’est clôturée avec le concert inspiré de Lorde.

L’étrange premier constat est que le grand sauveur de la journée est peut-être… le tapis gazon. En effet, le site en a été couvert en quantité impressionnante, ce qui, mine de rien, permet un paquet d’avantages. C’est doux pour les genoux et le dos lors des longues journées d’Osheaga. Quand il fait soleil aussi fort qu’il a fait soleil en début de journée, on se sent moins dans un îlot de chaleur que sur le bitume du circuit Gilles-Villeneuve. Et puis, quand il pleut comme il a plu vendredi, la fausse verdure a l’avantage de ne pas se transformer en boue.

Il faut dire que la météo n’a pas vraiment été clémente pour ce premier jour d’Osheaga, les festivaliers ayant eu l’impression de vivre en boucle l’adage « après la pluie, le beau temps ». La première d’une longue série d’averses était accompagnée de foudre, ce qui a forcé l’organisation à interrompre les activités pendant un bon trois quarts d’heure. Andy Shauf, sur la petite scène des Arbres, avait à peine entamé son concert qu’il a dû stopper en plein milieu d’une pièce. Dommage, il était accompagné de deux clarinettes qui ajoutaient beaucoup de douceur à ses pièces.

L’ondée a donc frappé fort, et a bouleversé tout l’horaire, d’autant que De La Soul et NoName ont annulé leur présence en raison « de problèmes de transport imprévus », annonçait l’application mobile d’Osheaga. Ladite appli tentait par ailleurs tant bien que mal d’annoncer les reprises des différents spectacles, mais rendu là, les horaires étaient à remiser, ou à prendre avec un grain de sel.

On aura compris plus tard que les artistes qui ont joué en après-midi et en début de soirée ont dû écourter leur programme prévu pour rattraper le temps perdu. Le chanteur des Shins a présenté ses excuses à la foule, spécifiant à la blague qu’elle aurait au fond droit à la substantifique moelle de leur concert. À 18 h 30, tout était rentré dans l’ordre pour ce qui est de l’horaire.

Quant au nouveau site, une fois les repères trouvés, on y naviguait plutôt bien. Les deux scènes principales se faisant face plutôt que de se côtoyer comme sur la disposition habituelle, la foule devait parcourir quelque 400 mètres pour passer d’un concert à l’autre. Au milieu, on trouvait un grand écran vertical qui relayait des images, mais aussi une fontaine et les différentes régies, autant d’obstacles qui nuisaient un peu aux déplacements.

Lorde

C’est la Néo-Zélandaise Lorde qui était la tête d’affiche de ce premier soir d’Osheaga. Vêtue d’une robe blanche ample aux manches mais serrée à la taille, la chanteuse est apparue sur scène parapluie à la main, clin d’oeil peut-être à la météo qui faisait encore des siennes. Jeudi soir, a-t-elle d’ailleurs expliqué à la foule, elle avait dû annuler son concert à Lollapalooza, à Chicago, en raison de la météo. « Ça nous fait plus d’énergie pour vous », a-t-elle lancé.

Lorde était en effet d’humeur fort plaisante et très active sur scène, sautant sur place, suivant une poignée de danseurs qui l’accompagnaient. La jeune femme de 20 ans a interpellé « Osheaga ! » à de nombreuses reprises — trop peut-être —, et s’est même permis une reprise de Bloody Mother Fucking Asshole, de la Montréalaise Martha Wainwright.

L’électro était au rendez-vous avant Lorde, avec le duo français Justice et les New-Yorkais de MGMT. Ces derniers ont démarré et ont conclu avec force avec leurs gros succès accrocheurs (Time to Pretend, Kids, Electric Feel), mais leur concert a eu des longueurs. Quant à Justice, les deux musiciens ont commencé avec brio, aidés par des éclairages spectaculaires, pour ensuite se perdre un peu dans le brouillard.

Exhibitionnisme et sourire

Plus tôt, la jeune chanteuse pop Tove Lo était visiblement enchantée d’être là. Dans son habit de coton léger jaune et rouge — qui avait des allures de pyjama de petit gars trippant sur Flash McQueen, des Bagnoles —, elle se déhanchait sur ses airs accrocheurs. La foule aura même eu droit à une rapide séance d’exhibitionnisme mammaire, avant que Tove Lo n’aille prendre les gens devant la scène dans ses bras.

Sur la scène des Arbres, le Montréalais Leiff Vollebekk avait aussi le sourire presque carnassier quand il a enfin pu monter sur scène, après la foudre. Il a oscillé devant son clavier avant d’aller attraper ses guitares. Du fort beau, accompagné ici et là de trois cuivres. Parlant de cuivres et de sourire, les jeunes jazzmen torontois de BADBADNOTGOOD ont aussi profité de l’éclaircie à la fin de leur passage sur scène, offrant même quelques lignes de la célèbre Tequila.

1 commentaire
  • Pierre Robineault - Abonné 5 août 2017 12 h 37

    Casse-tête?

    Quelques casse-tête à Osheaga, dites-vous? En rien comparable à celui, énorme, constant, et récurrent, causé aux résidents de la Rive-Sud dont je suis !
    Vous comprendrez que mon coeur ne saigne pas d'unisson avec eux!