John Mayall, un grand parmi les grands

Aujourd’hui, en compagnie de Rocky Athas à la guitare, de Greg Rzab à la basse et de Jay Davenport à la batterie, et, ici et là, d’un saxophoniste, d’un tromboniste et d’un trompettiste, à 83 ans, John Mayall (notre photo) continue à commenter le monde.
Photo: Rich Fury Agence France-Presse Aujourd’hui, en compagnie de Rocky Athas à la guitare, de Greg Rzab à la basse et de Jay Davenport à la batterie, et, ici et là, d’un saxophoniste, d’un tromboniste et d’un trompettiste, à 83 ans, John Mayall (notre photo) continue à commenter le monde.

Comment diable fait-il ? Comment a-t-il fait, ces derniers temps, pour être aussi pertinent, aussi dominant qu’il le fut dans les années 1960 ? En d’autres termes, comment a-t-il effectué et réussi son OPA sur la constance 50 ans durant ? Qui donc ? John Mayall, vétéran de la guerre de Corée, protecteur du blues tendance Worcestershire, incorrigible opposant aux vices esthétiques, grand découvreur de talents devant l’Éternel. Quoi d’autre ? En décembre, il aura 84 ans et se sera produit aux quatre coins de la planète. Qui dit mieux ? On se le demande.

Plus tôt cette année, il a publié Talk about That. Quelques mois auparavant, ce fut Find a Way to Care. Quelques mois antérieurs à ces derniers, ce fut A Special Life. Ces trois galettes ont paru sur l’étiquette californienne Forty Below Records. Premier constat : Mayall a su éviter le piège du juke-box, pour reprendre l’expression très juste que Robert Plant, l’ex-chanteur de Led Zeppelin, emploie lorsqu’il s’agit de qualifier l’évolution de certains collègues et contemporains britanniques. En un mot, le vieux a tué dans l’oeuf l’ADN de la répétition utilisée jusqu’à plus soif pour cultiver la nostalgie ad nauseam.

Il y a surtout que ces trois albums font irrémédiablement penser, par leurs ambitions musicales, à ces trois albums qui, dans la première moitié des années 1960, avaient établi la réputation de Mayall. Soit celle d’un musicien intraitable car sans concessions, un adversaire acharné du nivellement par le bas. Autrement dit du racolage. Les trois albums ? Le Beano avec Eric Clapton, A Hard Road avec Peter Green et Crusade avec Mick Taylor. Aux plus jeunes, on rappellera qu’après avoir quitté Mayall, Clapton fonda The Cream, Green, Fleetwood Mac, alors que Taylor rejoignit les Rolling Stones.

Aujourd’hui, en compagnie de Rocky Athas à la guitare, de Greg Rzab à la basse et de Jay Davenport à la batterie, et, ici et là, d’un saxophoniste, d’un tromboniste et d’un trompettiste, il continue à commenter le monde. Ses atavismes économiques et politiques, voire religieux, ses désastres écologiques. Entre ses chansons et ses thèmes, il poursuit également l’exercice biographique entamé il y a des lunes. Lorsque lui et ses complices ne jouent pas ses compositions, ils s’appliquent à choisir des pièces qui traitent des sujets qui forment la toile de fond de notre quotidien. Il était un homme engagé dans les années 1950 ? Il n’a jamais cessé de l’être.

Mayall a ceci de remarquable, de très singulier, qu’il vient de sortir coup sur coup des albums aussi étonnants et différents que Blues Alone, Turning Point, Back to the Roots, USA Union, Chicago Line, A Sense of Place, Spinning Coin, Tough Times Ahead, Stories. Il est surtout remarquable et unique parce que la voix, la sienne, qui dénonçait en 1970, par exemple, la pollution de l’air dans Prisons on the Road, dénonce aujourd’hui celle de l’eau avec la même conviction, voire la même rage. Il a ceci de rare, le vieux Mayall, qu’il a su protéger et conserver son intégrité. Chapeau !


 

Après avoir annoncé la fermeture de The Stone, voilà que le fondateur de cette salle, il s’agit du génie du jazz actuel John Zorn, saxophoniste, compositeur et producteur extraordinaire, vient d’annoncer qu’il jouera et organisera des spectacles dans l’enceinte de The New School à New York ainsi qu’au National Sawdust de Brooklyn.


 

La plateforme d’éducation en ligne MasterClass vient d’annoncer qu’elle a signé un contrat avec le grand pianiste Herbie Hancock. Le but ? Enseigner évidemment le jazz. Les préinscriptions sont ouvertes ; il suffit de s’enregistrer au www.masterclass.com/hh.


 

Des bandes inédites que Thelonious Monk avait enregistrées à Paris en 1959 ont été découvertes. La maison de disques californienne Résonance, spécialisée dans les raretés, les a nettoyées et s’apprête à les publier. Les morceaux contenus avaient été préparés pour les besoins du film Les liaisons dangereuses de Roger Vadim, mais ils n’avaient jamais été utilisés.

1 commentaire
  • Robert Desfonds - Abonné 31 juillet 2017 00 h 42

    Article sur John Mayall

    Bonjour.
    Texte tres intéressant sur John Mayall. Bravo.

    Cependant il y a une erreur dans votre texte.
    Clapton n'a pas fondé Fleetwood Mac.

    C'est le bassiste John Mac Vie (qui avec Mick Fleetwood) qui fonda le groupe Fleetwood Mac. Le guitariste Peter Green (qui remplaça Clapton avec les Bluesbreakers)) a joint ensuite cette formation.

    Lorsque Clapton a quitté les Bluesbreakersen 1966, c'était pour former The Cream avec Ginger Baker et Jack Bruce. Clapton avait un nouvel idéal: avoir un power trio comme celui de Buddy Guy.